Des drônes pourraient être utilisés dans la lutte contre les vols de câbles à la SNCB

 Le premier vol d'un drone civil hors de la vue de son pilote et de nuit en Belgique a eu lieu mardi soir, près de Charleroi. C'est Infrabel, la société gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire, qui est derrière ce test, dont l'objectif est de démontrer que cette technologie pourrait être utilisée dans la lutte contre les vols de câbles. Il faut cependant encore faire évoluer la législation belge pour cela.

Infrabel a en effet obtenu une dérogation de la Direction générale du transport aérien (DGTA) afin de réaliser ce vol, à 21 heures, aux abords de la ligne 132 Charleroi-Mariembourg, à environ 150 mètres de hauteur. Le test a duré une demi-heure, en présence d'une délégation de la police fédérale des chemins de fer.

L'appareil est drone civil, piloté principalement par ordinateur grâce à des coordonnées GPS pré-encodées. D'une autonomie d'1h30, il pèse une quinzaine de kilos pour une envergure de 3,3 m et son rayon d'action atteint les 30 kilomètres. A tout moment, et en particulier pour la phase d'atterrissage, un opérateur-pilote peut en reprendre le contrôle manuel.

Depuis plusieurs années, un engin similaire est déjà utilisé en France dans le cadre de missions de surveillance de diverses infrastructures, notamment ferroviaires. Equipé de deux caméras, dont une de vision nocturne (thermique), il s'avère en effet particulièrement efficace pour de telles applications. Aux yeux d'Infrabel, une surveillance aérienne à l'aide d'un tel drone constituerait d'ailleurs un atout dans la lutte contre les vols de câbles.

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BELGA/BOGAERTS

83 vols de câbles rien qu'au mois d'octobre 2018

Ce type de méfaits avait connu un pic en 2012, suivies du lancement mi-2013 d'un plan national d'action et de quelques années d'accalmie. Il est cependant reparti à la hausse au cours de l'été dernier. Entre début juin et fin octobre, pas moins de 225 vols ont ainsi été commis.

Au cours du seul mois d'octobre, il y a eu 83 vols commis et Infrabel a enregistré quelque 18.130 minutes de retards cumulées sur tout le réseau, soit 10 heures de retard chaque jour en moyenne. Depuis janvier, les 261 vols répertoriés ont provoqué 45.693 minutes de retards, alors qu'il n'y en avait eu que 104 pour l'ensemble de l'année 2017, souligne l'entreprise ferroviaire.

Les auteurs, probablement une ou plusieurs bandes venant d'Europe de l'est, ont principalement frappé sur la ligne Namur-Gembloux et dans la région de Liège. Le phénomène se déplace en outre progressivement vers la Flandre. Mi-octobre, une vingtaine de personnes avaient été arrêtées et huit auteurs présumés placés sous mandat d'arrêt.

Actuellement, seuls les services comme la police, l'armée, les douanes ou encore la protection civile peuvent déroger au cadre de l'arrêté royal qui régit l'utilisation d'un drone. Le pilotage "hors vue" reste ainsi interdit et la loi "caméras" ne permet pas à Infrabel de mener des opérations de surveillance aérienne à l'aide de caméras mobiles, déplore l'entreprise ferroviaire.

Cette dernière espère dès lors que le cadre légal évoluera favorablement dans les prochains mois. En quelques mois, elle sera alors en mesure d'être prête pour opérer de tels vols. L'objectif sera, à terme, d'en réaliser de 3 à 4 par mois, en comptant sur l'appui au sol d'une équipe de la police fédérale des chemins de fer, prête à intervenir en cas de détection du moindre comportement suspect aux abords des voies.