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Nos empreintes digitales bientôt intégrées à notre carte d’identité, de nombreux Flamands s'indignent 

La Chambre a adopté mercredi un projet de loi qui adapte la réglementation relative au Registre national, autorisant notamment l'intégration d'une représentation des empreintes digitales dans la puce des cartes d'identité. Une mesure qui, depuis son annonce, soulève une vague d’indignation en Flandre, où le hashtag #ikweiger (je refuse) est largement relayé sur les réseaux sociaux. 

La Chambre a adopté le projet de loi majorité contre opposition, sauf le cdH qui s'est abstenu. D’après le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA), l’intégration des empreintes digitales à nos cartes d’identité a pour objectif de mieux lutter contre la fraude à l'identité, suivant les obligations déjà prévues pour le passeport. Il sera ainsi possible de contrôler les cartes d'identité, comme les passeports, lors du franchissement des frontières intérieures de l'Europe.

Les services de police seront désormais également en mesure de vérifier que les données enregistrées sur la carte correspondent bien au titulaire de ladite carte.

D’après les autorités, les empreintes digitales ne seront en aucun cas stockées, ni centralisées, sauf pour la durée nécessaire à la confection et à la délivrance de la carte d'identité, comme pour les autres données présentes sur la carte, et en tout cas pas plus de trois mois.

Avis négatif de la Commission Vie Privée

L'Autorité de protection des données avait rendu un avis négatif sur le texte, arguant qu'un tel enregistrement ne respecte pas le principe de proportionnalité et que la comparaison avec les passeports n'est pas pertinente. Le projet introduit par ailleurs certaines dérogations à l'obligation d'autorisation préalable pour l'utilisation par des tiers du registre national.

Vent de contestation en Flandre

"Hier nous étions encore des citoyens, aujourd’hui nous sommes des suspects", a tweeté le célèbre caricaturiste flamand Lectrr, à l’annonce de l’adoption du projet de loi. Il y a quelques semaines, l’artiste avait déjà rejoint le mouvement #ikweiger (je refuse) lancé sur le réseau social. "La seule empreinte digitale qu’ils auront de moi est celle de mon majeur", avait-il alors publié.

De nombreuses voix se sont levées en Flandre face à la mesure des autorités belges. Elles dénoncent notamment une "pratique de la Stasi" et des méthodes "orwelliennes". Plusieurs experts universitaires ont également exprimé des inquiétudes. Ils craignent à terme la mise en place d’une banque de données centralisée, et estiment en outre que les logiciels utilisés pourraient être ciblés par des pirates informatiques. Les données pourraient, quant à elles, tomber à terme entre de mauvaises mains.

Le cabinet deJuristen, spécialisé dans le droit des technologies de l’information et de la communication, a annoncé il y a quelques semaines qu’il intenterait une action en justice devant la Cour constitutionnelle si le projet de loi était adopté.  Le cabinet en question a désormais lancé un appel aux dons sur le site stopvingerafdruk.be (stop à l'empreinte digitale) afin de pouvoir mener cette mission à bien. 

La Chambre ayant donné son feu vert, la mesure devrait entrer en vigueur dès avril prochain.