Un artiste flamand dépose un message à l’humanité sur une pyramide de Gizeh

Laisser un message unique sur terre à l’attention de civilisations extra-terrestres, qu’elles trouveront sur notre planète quand l’homme en aura disparu depuis longtemps. C’est l’idée qui a poussé l’artiste indépendant Floris Caes (30 ans), originaire de Roulers (Flandre occidentale), à réaliser une plaque en aluminium gravée et à aller la déposer, à l’aide d’un drone, sur le sommet d’une des pyramides de Gizeh. La jeune cinéaste Justine Cappelle (23 ans) en a réalisé un documentaire intitulé "L’épitaphe" (dont proviennent ces photos).

"En 1977, les Américains ont lancé dans l’espace deux disques d’or à bord du Voyager. Ils comportaient une sorte de carte de visite de l’humanité : des photos, de la musique, des représentations de la terre… Mais j’ai trouvé que ce n’était pas du tout représentatif et qu’il allait falloir énormément de temps avant de recevoir une réponse à ce message", indique Floris Caes - ou Boccanegra de son nom d’artiste - dans le film réalisé par Justine Cappelle.

Caes s’est donc lancé dans un projet un peu fou. Il a gravé sur un disque d’aluminium un texte qui explique que notre gourmandise et notre myopie ont rendu notre vie impossible, à tel point que l’espèce humaine s’est éteinte. L’artiste west-flandrien voulait déposer ce disque à un endroit symbolique, qui resterait bien visible même quand la vie n’existera plus sur terre. C’est un drone qui allait porter ce message aux extra-terrestres sur le sommet d’une des pyramides de Gizeh, en Egypte.

"J’ai finalement opté pour une structure construite par l’homme qui existe déjà depuis 4.500 ans, construite en pierres massives et située dans un paysage de désert, qui ne va donc pas être envahi par la végétation", explique Boccanegra (photo ci-dessous).

Sans avoir obtenu l’autorisation des autorités locales égyptiennes, l’artiste indépendant de 30 ans a utilisé un drone pour déposer son disque, soigneusement emballé, sur le sommet d’une pyramide. Mais il est interdit de faire voler un drone au-dessus des pyramides. Floris Caes devait donc agir vite, à un moment sans affluence. Il a finalement opté pour le 13 octobre dernier, à 5h30 du matin.

Très lentement, centimètre après centimètre, le drone a fait descendre avec un câble le disque emballé jusqu’au sommet de la pyramide, avant de le déposer. Mais le message qu’il contient n’est pas adressé qu’aux civilisations futures extra-terrestres (photo ci-dessous). Il s’adresse aussi aux contemporains de Boccanegra.

"Le message s’adresse en fait à ceux qui vivent actuellement sur terre, bien que je prétende vouloir laisser quelque chose à de futurs visiteurs éventuels", précise Caes. "Je veux communiquer avec mes contemporains. Je veux leur tenir un miroir devant le visage, d’une façon négative et peut-être un peu difficile, et leur dire : "Voilà comment nous nous comportons et si nous continuons à le faire, il n’y aura pas de happy end. Nous sommes en train de brûler la chandelle par les deux bouts".