Les "Tanguy" toujours plus nombreux à rester scotchés chez leurs parents après l’âge de 25 ans

Les jeunes âgés de 25 à 30 ans sont toujours plus nombreux à rester vivre dans le cocon familial. D’après les chiffres d’Eurostat et du Bureau central néerlandais des Statistiques, le phénomène progresse plus vite chez nous que dans les pays voisins. 

Le phénomène est connu dans les pays francophone sous le nom de "Tanguy", en référence à la comédie française du même nom, et dont le héros, un "adulescent", habite encore chez papa-maman.

En Belgique, environ un jeune de 25-30 ans sur trois habite encore chez ses parents. Le chiffre est plus ou moins similaire à celui de l’Allemagne, mais bien plus élevé qu’en France ou aux Pays-Bas, où environ 20% d’entre eux vivent encore dans le foyer familial.

En Europe, une différence importante se fait ressentir entre les pays scandinaves et ceux du sud. En Suède, au Danemark ou en Finlande, le phénomène est davantage une exception, alors qu’en Italie, en Espagne ou en Grèce, il est plutôt habituel.

D’après Dimitri Mortelmans, professeur de sociologie à l’Université d’Anvers, ce fossé s’explique notamment par un facteur culturel. "On peut faire référence au cliché de ‘la mamma’ italienne, et du foyer où les parents offrent un nid chaud et agréable à leurs jeunes", explique-t-il.

Le contexte économique a également son importance : "En Scandinavie, il existe de nombreuses primes pour les jeunes qui partent habiter seuls. Le pas est évidemment plus facile à franchir quand on bénéficie de primes et d’une sécurité de revenu", souligne encore Dimitri Mortelmans. 

Une progression plus prononcée en Belgique

Le nombre de jeunes qui restent chez leurs parents à la fin de leur vingtaine est relativement stable partout en Europe. Certains pays connaissent toutefois une forte progression. C’est le cas de la Belgique, de l’Irlande, de l’Espagne et de Chypre.

D’après Dimitri Mortelmans, la situation chez nous est davantage liée au facteur économique que culturel. "Nous avons fortement été frappés par la crise. Parallèlement, le gouvernement a fait des économies sur un grand nombre d’allocations", explique le sociologue. "Au plus il y a de l’insécurité, au plus les jeunes attendent avant d’entreprendre un pas important". 

Plus d'hommes que de femmes

Autre fait marquant : en Belgique le phénomène concerne davantage les jeunes hommes que les jeunes femmes. Une tendance qui se ressent d’ailleurs partout en Europe.