La N-VA entame des négociations avec le SP.A et l’Open VLD à Anvers

Le bourgmestre d'Anvers Bart De Wever (N-VA) va entamer des "négociations formelles" avec les socialistes du SP.A et les libéraux de l'Open VLD en vue de former une nouvelle coalition dans la première ville de Flandre, ceci un mois après les élections. Le cabinet du bourgmestre a confirmé l'information.

Après plus d'un mois de réunions d'information et de discussions discrètes, Bart De Wever est arrivé à la conclusion qu'il allait entamer des négociations officielles avec le SP.A et l’Open VLD. 

Le président des nationalistes flamands répète que l'actuelle composition du collège communal anversois avec le CD&V et Open VLD ne peut pas être reconduite en raison d'un nombre insuffisant de sièges. Il affirme que les écologistes de Groen ne font "pas preuve d'ambition pour prendre des responsabilités".

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Jinnih Beels : "Les négociations ne seront pas faciles et pourraient capoter en cours de route”

Le SP.A a répondu positivement à l’invitation du bourgmestre d’Anvers Bart De Wever (N-VA) de participer aux négociations en vue d’une nouvelle coalition. Le bureau anversois du parti a donné son feu vert aux négociations. En tant que formateur, Bart De Wever avait invité les partis plus tôt dans la journée.

Les socialistes anversois pourraient imprimer leur marque pour une autre gestion de la métropole. Le SP.A compte développer une approche "critique objective" lors de ces négociations. La tête de liste SP.A.de Jinnih Beels a d'ores et déjà concédé que les discussions ne seraient pas faciles et qu'elles pourraient capotyer en cours de route. "Mais nous ne voulons pas devoir dire à nos enfants que nous n'avons pas essayé", a-t-elle expliqué, précisant que son parti voulait se saisir de l'opportunité pour mettre un accent "social et durable autant que possible ", alors que les défis pour la plus grande ville de Flandre "sont grands".
Les priorités socialistes sont la mobilité, la gestion sociale, le logement, l'enseignement, et la société, principalement la lutte contre les marchands de sommeil et davantage d'espace pour les piétons et cyclistes.

Philippe De Backer : "L’Open VLD prend ses responsabilités"

De son côté, Philippe De Backer, tête de liste Open VLD a confirmé que son parti rejoignait la table des négociations lundi soir avec les socialistes et les nationalistes. "L'Open VLD prend ses responsabilités (...) Nous allons faire de notre mieux pour parvenir à une gestion cohérente, positive et stable pour l'avenir d'Anvers en mettant toujours en premier ses habitants".

Le parti n'apporte que deux sièges pour la formation d'un conseil communal, le résultat d'une popularité en berne depuis six ans. Néanmoins, les libéraux étaient les partenaires préférés de la première formation sortie des urnes, la N-VA, en raison de la proximité de leurs programmes respectifs.

En dépit de passe d'armes pré-électorales entre Philippe De Backer et Bart De Wever, le libéral a précisé que des contacts "ouverts et constructifs" avaient eu lieu entre les deux hommes, suggérant "une marge pour des solutions créatives et efficaces pour Anvers".

Groen déplore l'absence de "changement de cap"

Le chef de file de Groen soutient quant à lui que son parti a été mandaté par les électeurs pour amener du changement dans la politique locale anversoise. "Un changement de cap était nécessaire en matière de qualité de l'air, d'accessibilité au logement, d'égalité des chances", ajoute Wouter Van Besien.

"Le soir des élections, Bart De Wever a parlé de collaboration. Curieux de voir ce que cela signifiait et comment Groen pouvait prendre ses responsabilités, nous avons accepté de discuter. Mais Bart De Wever n'a jamais montré ses cartes. Lors du dernier entretien, il nous a présenté un texte dans lequel il n'y avait aucune rupture."

Wouter Van Besien précise que la note ne comprenait par exemple pas de plan de circulation, la politique de stationnement restait inchangée et l'interdiction d'arborer tout signe religieux pour le personnel communal était en outre maintenue.


"Nos électeurs souhaitent une ville à l'air pur, où chacun peut être soi-même et où personne n'est discriminé. Ce nouveau conseil communal ne s'en souciera pas", conclut-il.

Kris Peeters ne s'attendait pas à cela

Kris Peeters a également réagi sur Radio 2 mardi. "Je ne m'attendais pas à cela." La tête de liste CD&V a reçu un coup de téléphone lundi soir de Bart De Wever l'informant qu'il négociait avec le SP.A et l'Open VLD.

"Nous avions discuté de notre programme et j'avais l'impression que ce ne serait pas simple avec une courte majorité, mais que cela pouvait aussi apporter une nouvelle dynamique." La coalition actuelle N-VA, CD&V et Open VLD a perdu deux sièges lors des élections, une perte imputée au CD&V. Elle conserverait de justesse sa majorité avec 28 sièges sur 55. Mais Bart De Wever a estimé lundi soir qu'un tel attelage manquerait de dynamisme.

"De Wever devait faire un choix et il l'a fait", poursuit Kris Peeters. "Ce n'est pas très agréable d'être ainsi relégué dans l'opposition mais c'est la démocratie. Nous tiendrons ce rôle de manière constructive dans l'intérêt de tous les Anversois."