Gilets jaunes : 39 personnes interpellées, Charles Michel promet "la plus grande fermeté"

La nuit a une nouvelle fois été extrêmement agitée dans le Hainaut, où les forces de police ont procédé à 39 arrestations. D’après le gouverneur de la province, Tommy Leclercq, les échauffourées qui ont eu lieu à Feluy n’ont rien à voir avec les "gilets jaunes", dont le mouvement de protestation contre la hausse du prix du carburant a, selon lui, été infiltré par des casseurs. De son côté, le Premier ministre, Charles Michel, a promis "la plus grande fermeté" face aux débordements "inacceptables" qui se sont produits. 

Plusieurs actions assimilées aux "gilets jaunes" se sont poursuivies dans la nuit de mercredi à jeudi sur les autoroutes wallonnes, avec notamment le blocage de l'autoroute A7 à hauteur de Feluy où se trouve un important site de l'entreprise pétrolière Total. Des vidéos d'amateurs postées sur les réseaux sociaux témoignent de la violence des faits, notamment des jets de projectiles vers les forces de l'ordre et des feux allumés sur la chaussée. Un plan provincial d'urgence a une nouvelle fois été déclenché dans la soirée.

Environ 120 policiers ont été déployés et ont bénéficié de l'appui d'un hélicoptère et d'autopompes pour contenir 400 manifestants, selon les informations de la radio RTBF, citant le gouverneur de la province Tommy Leclercq. Des sources contactées par Belga indiquent que les rangs des gilets jaunes ont à nouveau été infiltrés par des casseurs.

"Il y a encore eu des blocages la nuit passée. A nouveau, nous avons constaté que des personnes violentes utilisaient à mauvais escient les protestations", a indiqué le porte-parole du ministre de l’Intérieur, Olivier Van Raemdonck.

La N6 au poste frontière de Bois-Boudon/Bettignies était toujours fermée à l'aube dans les deux sens en raison de barrages, selon les informations routières de la police fédérale, issues du centre Perex. Environ 150 camions étaient toujours bloqués, selon les informations de la police fédérale.

Livraisons de carburant toujours bloquées

Les livraisons de carburant sont toujours bloquées dans les alentours de Feluy jeudi matin. "Il n'y a pas de garantie de sortir en toute sécurité", explique le porte-parole de la fédération des négociants en carburants (Brafco), Olivier Neirynck. "Jusqu'à nouvel ordre, nous ne pouvons pas charger les camions", indique-t-il encore.

"On ne peut pas garantir qu'il n'y aura pas de dommage matériel à Feluy", selon M. Neirynck. "Notre exigence absolue auprès des autorités fédérales est d'assurer la sécurité des infrastructures pétrolières en Belgique, mais aussi l'intégrité physique du personnel qui travaille avec des produits hautement inflammables. Enfin, il faut pouvoir permettre que le chargement soit assuré de A à Z. Tant que toutes ces conditions ne seront pas réunies, le site de Feluy restera fermé."

Les stations de Bruxelles et de Flandre sont toutefois approvisionnées. "La situation se normalise dans les 320 stations. L'approvisionnement se fait lentement mais sûrement", indique le porte-parole de la Brafco.

La situation serait également "calme" à Wandre (Liège). Le blocage est levé et le chargement de gasoil est rétabli de manière concertée avec les gilets jaunes, selon M. Neirynck. "La situation dans le bassin pétrolier de Liège s'est calmée. Il y a un dialogue entre la police, les manifestants et le secteur pétrolier", d'après le porte-parole de la Brafco.

En règle générale, le porte-parole de la Brafco estime que la situation "ne s'est pas aggravée" au niveau de l'approvisionnement des stations-services. "Le nombre est mouvant", a-t-il encore précisé. M. Neirynck indique enfin que la Brafco maintient une communication constante avec le ministère de l'Intérieur afin d'évaluer le développement de la situation.

Michel promet "la plus grande fermeté"

Le Premier ministre a promis jeudi "la plus grande fermeté" face aux débordements "inacceptables" qui se sont produits près de Feluy en marge du mouvement de protestation des "gilets jaunes" contre la hausse du prix des carburants. "C'est une violence qui est parfaitement inacceptable et nous allons veiller à maintenir l'ordre public, à garantir la sécurité", a-t-il affirmé sur les ondes de la radio Bel-RTL.

"Chacun a le droit d'exprimer une opinion, chacun a le droit de manifester. Mais on n'a pas le droit à le faire dans la violence, mais on n'a pas le droit de casser. Et donc il y aura une très grande fermeté des autorités", a ajouté le Premier ministre.

"C'est la liberté de chacun d'exprimer des opinions, de contester, d'exprimer un mécontentent. On est en état de droit, nous respections cela. Mais on ne peut pas le faire en mettant en danger la sécurité d'autrui voire sa propre sécurité. En ne peut pas le faire en commettant ces actes de violences qui sont tout à fait inacceptables", a poursuivi M. Michel.

Infiltration du mouvement

Selon plusieurs sources, des "casseurs" auraient à nouveau infiltré les rangs des manifestants en gilet jaune. Au micro de la RTBF, le gouverneur de la province de Hainaut, Tommy Leclercq, a indiqué qu'on avait dépassé de cadre de l'infiltration des gilets jaunes.

"Les personnes qui étaient là cette nuit, à mon avis, ont très peu de commentaires par rapport au prix de l'essence", a indiqué M. Leclercq. "On n'est plus dans l'infiltration des gilets jaunes, parce que les premières nuits, les gens s'immisçaient, s'infiltraient pour pouvoir, en mettant un gilet jaune, en arriver à casser ou à mettre le feu. C'est ici, maintenant, de l'extrémisme, de la violence. On ne sait pas trop pourquoi, sans mobile apparent", a commenté Tommy Leclercq soulignant que l'action des forces de l'ordre sera plus offensive en cas de nouveaux incidents.