Nombre record de mineurs admis aux urgences pour abus d’alcool

Après plusieurs années de baisse, le nombre d'admissions aux urgences de mineurs pour intoxication alcoolique a connu une hausse interpellante en 2017, selon les chiffres de l'Agence intermutualiste (AIM) soulignés jeudi par la Mutualité chrétienne. D’après son président, Luc Van Gorp, l’abus d’alcool peut engendrer des lésions cérébrales. Face à ces chiffres, la Mutualité chrétienne appelle les autorités à mener une politique de santé publique plus offensive.

En 2017, 2.334 jeunes de 12 à 17 ans ont été admis aux urgences après avoir consommé trop d'alcool, soit une hausse de 8% par rapport à l'année précédente. Du côté des 18-29 ans, une augmentation de 2% a été constatée, à 11.554 cas.

"Depuis que l'AIM compile les données de soins de santé pour tous les assurés sociaux, le nombre d'admissions à l'hôpital pour abus d'alcool n'a jamais été aussi élevé", s'inquiète la Mutualité chrétienne, qui réclame une politique de santé publique en la matière "bien plus offensive".

Les chiffres indiquent par ailleurs que les filles sont désormais autant confrontées au phénomène que les garçons, et que les cas sont plus nombreux dans les familles à faibles revenus ainsi que dans les provinces limitrophes de la France (Flandre occidentale, Hainaut et Luxembourg), des provinces où l’on recense, d’après la Mutualité chrétienne, davantage de cancers liés à la consommation d’alcool (foie, pancréas et œsophage). 

"Un abus loin d’être innocent"

"L’abus d’alcool chez les jeunes est loin d’être innocent", souligne le président de la Mutualité chrétienne, Luc Van Gorp. "Cela peut engendrer des lésions cérébrales, et peut avoir un impact sur les études et les chances de trouver un emploi. Les personnes qui commencent tôt à consommer de l’alcool risquent également d’en boire davantage plus tard", précise-t-il.

Les raisons de cette hausse de consommation d’alcool chez les jeunes ne sont pas clairement connues. "Les jeunes gens ont souvent envie d’appartenir à un groupe. Ils boivent tout en pensant que ça ne leur fera pas de mal. Pour nombre d’entre eux, surtout ceux âgés de 12 ans, il est difficile de résister à la pression d’un groupe. Il n’est d’ailleurs pas exceptionnel de voir plusieurs jeunes arriver ensemble aux urgences pour intoxication alcoolique", ajouté Luc Van Gorp. 

Une nouvelle limite d’âge ?

Pour la Mutualité chrétienne, les clarifications de la ministre de la Santé, Maggie De Block, quant aux alcools forts et aux "pré-mixes" ne suffisent pas. "Maintenir l'autorisation de vendre, offrir ou servir de la bière et du vin à partir de l'âge de 16 ans est un très mauvais signal.

Dans un récent avis sur les risques liés à la consommation d'alcool, le Conseil supérieur de la santé recommande de fixer la limite d'interdiction de tout alcool à 18 ans, comme c'est le cas dans 22 des 28 pays de l'UE."

La ministre de la Santé estime quant à elle que franchir ce pas rendrait le vin et la bière "encore plus attrayants".