Nouvelles scènes d’émeutes à Charleroi : "Ce ne sont pas les gilets jaunes mais des casseurs"

A Charleroi (Hainaut), comme la nuit précédente des casseurs ont causé de nombreuses dégradations lors de nouvelles émeutes dans la nuit de samedi à dimanche : arrachage de mobilier urbain, panneau publicitaire démoli, vitrines brisées, même des bus ont été endommagés. Ce ne sont pas des "gilets jaunes", mais des casseurs qui se mêlent à eux", a expliqué David Quinaux, le porte-parole de la police de Charleroi à la VRT. Plus de 80% des casseurs possèdent un casier judiciaire"  a déclaré le bourgmestre de Charleroi, Paul Magnette, a tenu une conférence de presse, ce dimanche.

La nuit de samedi à dimanche aura été, comme la nuit précédente, émaillée de scènes violentes opposant des "casseurs" aux policiers à Charleroi. La police était cette fois prête à intervenir dès la moindre échauffourée, avec la présence de 180 agents, "quatre pelotons, deux arroseuses et un véhicule blindé", précise David Quinaux.

C'est vers 21h30 qu'il a été décidé de "lancer l'assaut" puis de "disperser les manifestants avec l'arroseuse", des individus ayant allumé des barricades sur le rond-point du Marsupilami, (rond-point Hiernaux, une des entrées principales de la ville) qui avait déjà été le point de départ des violences la veille au soir.

Dans le centre-ville même les casseurs ont causés de nombreuses dégradations "Ils ont détruit des panneaux publicitaires, des vitrines ont été brisées. Les portes du palais de Justice ont été brisées, des abribus ont été détruits et plusieurs banques ont été ciblées par les émeutiers", explique le porte-parole de la police. "Les dommages exacts sont difficiles à calculer, mais la facture sera très élevée.

Durant un certain temps le plan provincial d’urgence a été déclenché. Les émeutes ont duré plusieurs heures et le calme n’est revenu que vers 3 heures du matin.

Les forces de l'ordre ont procédé à une vingtaine d'arrestations administratives et quatre arrestations judiciaires lors des affrontements qui se sont produits durant la nuit à Charleroi. Trois autres fauteurs de troubles ont été pincés à Feluy. 

Pour David Quinaux, "ces émeutiers n’ont rien à voir avec les gilets jaunes qui protestent de manière non-violente contre les prix élevés des carburants, mais le soir des casseurs viennent prendre leur place. Ils s'infiltrent dans ce groupe juste pour tout casser".

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RTBF

Paul Magnette : "80% des casseurs arrêtés sont connus de la Justice"

"Au total, 27 personnes ont fait l'objet d'une arrestation, dont 5 judiciaires", a expliqué, le bourgmestre de Charleroi  Paul Magnette, lors d'une conférence de presse. "Nous avons d'ores et déjà analysé les profils de ces personnes qui sont très jeunes (entre 18 et 28 ans) et connues de la Justice pour 80% d'entre eux, principalement pour des faits de stupéfiants. La moitié d'entre eux sont originaires de Charleroi alors que les autres viennent des provinces de Liège et de Namur, ou d'autres villes du Hainaut. Ils sont clairement ici pour semer le trouble. Nous ne pouvons tolérer qu'on s'attaque à Charleroi et à ses habitants. Voilà pourquoi les effectifs seront renforcés ce dimanche soir."

Ainsi, 5 pelotons de 36 policiers se déploieront aux quatre coins de la ville afin d'empêcher aux bandes de se former. "Il s'agit d'un phénomène de guérilla urbaine, avec des petits groupuscules qui se disséminent dans la métropole, ce qui complexifie les interventions", poursuit Philippe Stratsaert, chef de la zone de police de Charleroi. "Nous avons toutefois arrêté un casseur sur cinq, ce qui est important. Nous analysons leurs profils mais également les images filmées par les caméras urbaines, notamment, afin d'identifier un maximum de personnes. Nous voulons également sensibiliser le parquet et les juges d'instruction afin qu'une réponse sévère soit apportée aux auteurs de tels faits".