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Survol agressif du navire belge Godetia par des avions russes en mer Baltique

L'équipage du Godetia a été surpris jeudi matin en mer Baltique par deux bombardiers russes SU-24 qui ont survolé le navire à basse altitude. Le Godetia est actuellement le navire de commandement de la flotte de l'OTAN de chasseurs de mines dans le nord. Les bombardiers russes étaient armés de missiles, ce qui a provoqué une nouvelle escalade dans la confrontation entre la Russie et l'Occident. En avril 2016, l'USS Donald Cook avait déjà été survolé par le même type de bombardier en mer Baltique, mais à l’époque ils n'étaient pas armés.

Il était 9 heures jeudi matin, lorsque deux bombardiers russes au survolé le Godetia à basse altitude. Le Godetia se trouvait alors en mer Baltique avec les 5 autres navires chasseurs de mines des pays membres de l'OTAN. C’est le capitaine de frégate belge Peter Ramboer qui commande la flotille de déminage de l’OTAN lors des manœuvres dans le nord.

Le capitaine a immédiatement donné l'ordre à tous les navires de ne rien tenter et ce pour éviter un incident majeur. "Je n’aurais pas voulu être l'instigateur d’une Troisième Guerre mondiale parce qu'une mauvaise évaluation avait été faite ", a confié le capitaine Ramboer samedi lors de la visite du nouveau ministre de la Défense Sander Loones (N-VA). Car les bombardiers russes étaient bien armés.

La photo prise par la marine ne laisse planer aucun doute, on aperçoit sous les ailes, à côtés des réservoirs, deux missiles probablement du type Kh-25 air-sol, un missile léger d'une portée de 10 à 40 kilomètres, selon la version, qui peut également être utilisé contre les navires.

Ce n’est pas la première fois que des navires de l’OTAN sont survolés à basse altitude par des avions militaires russes. C’était déjà arrivé en 2016 également en mer Baltique au destroyer américain SS Donald Cook, mais à l’époque les bombardiers russes n’étaient pas armés.

Les Russes ne devaient pas trop s’inquiéter des conséquences de ce survol du Godetia qui comme les autres navires chasseurs de mines ne sont pas équipés pour repousser des attaques d’avions ennemis.

Néanmoins, l'incident aurait pu rapidement dégénérer, car la frégate belge Louise Marie se trouvait à ce moment-là en mer Baltique, engagée dans un exercice de défense aérienne. L'exercice a été interrompu pour donner aux avions de chasse suédois qui devaient mener une attaque fictive sur le Louise Marie la possibilité d'intercepter les bombardiers russes.

Selon le capitaine Kristof van Belleghem du Louise Marie, les Russes se montrent maintenant beaucoup plus assertifs : "C'est de plus en plus fréquent. Nous constatons que l'attitude russe à l'égard de nos unités militaires est plus affirmée. Nous commençons à peine à nous y habituer, mais nous devons être prudents pour éviter les méprises et les accidents".

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