Les artistes flamands peuvent aller chercher de l’inspiration à Tokyo

La Flandre possède dorénavant un neuvième lieu de résidence permanente pour ses artistes. C’est le premier qui soit installé en Asie, plus précisément à Tokyo. Le ministre flamand de la Culture Sven Gatz (photo archives) et l’organisation Tokyo Arts and Space ont signé ce mardi un accord à ce sujet à l’ambassade de Belgique à Tokyo. Cette signature a eu lieu au troisième et dernier jour de la mission économique culturelle au Japon.

Les artistes belges possédaient déjà un lieu de résidence permanente à Paris, Maastricht, Varsovie, Berlin, au Lac de Côme (Italie), à Rome, Marrakech et New York. Un neuvième havre d’inspiration est venu s’y ajouter à Tokyo, dans le cadre de la mission économique culturelle au Japon, emmenée notamment par le ministre de la Culture Sven Gatz.

"C’est important parce que les artistes ont parfois besoin de se ressourcer et de créer de nouvelles œuvres dans un endroit différent, où ils peuvent trouver du calme. Chaque artiste qui introduit une demande à ce sujet aura maintenant une probable opportunité de venir travailler pendant quelques mois dans cette ville fantastique qu’est Tokyo. Je suppose que cet endroit sera très convoité", indiquait le ministre Gatz au Japon.

Les résidences flamandes officielles peuvent accueillir dix-neuf artistes par an. D’autre part il est possible de s’établir aussi dans un endroit privé, avec l’aide d’une bourse. Le concept d’artiste en résidence implique un échange. Des artistes japonais peuvent ainsi venir passer quelques mois en Belgique.

Les endroits où une résidence d’artistes peut s’organiser en Belgique ont été proposés à Tokyo à des organisations culturelles japonaises. Le centre d’art contemporain Wiels, à Forest, et la maison de la littérature Passa Porta font partie de la délégation qui s’est rendue trois jours au Japon. Ces deux lieux ont présenté leur espace de travail à des artistes plasticiens et écrivains japonais. Ces derniers se sont montrés intéressés par les deux endroits.

La mission ouvre des portes aux professionnels du théâtre

Trois représentants des arts de la scène participent à la mission culturelle flamande au Japon. L’une des compagnies s’est déjà produite au Japon et voudrait poursuivre son périple dans ce pays asiatique. Une autre compagnie voudrait obtenir un accès au marché japonais. Et cela semble plus facile en présence d’un ministre à Tokyo.

"Pour le théâtre flamand pour la jeunesse, il est temps maintenant de progresser dans notre collaboration avec le Japon", indique Johan De Smet, directeur artistique de la Kopergietery à Gand. "Par le passé, nous sommes déjà venus jouer au Japon, mais nous voulons à présent développer un projet de longue haleine, avec d’autres partenaires flamands aussi. Nous préparons diverses choses en même temps : une co-production japonaise-flamande que nous présenterons en 2020 tant en Flandre qu’au Japon, puis "My house, your house" qui nous permettra de présenter des œuvres japonaises à la Kopergietery, et nous voudrions aussi prendre part en mai 2020 au festival de théâtre pour la jeunesse Assitei avec une délégation de plusieurs compagnies flamandes".

"Pendant cette mission économique nous avons concrétisé tous ces projets", précise Johan De Smet. Cette mission permet, selon lui, de faciliter et accélérer les contacts et les accords. "Nous pouvons ainsi développer un trajet à plus long terme".

Zita Epenge, directrice de la compagnie anversoise De Spiegel qui réalise des spectacles pour le tout jeune public (de 0 à 4 ans), avait un peu peur de se rendre seule au Japon pour y sonder le marché, sans le soutien du gouvernement flamand. "Nous n’avons pas encore d’expérience au Japon, c’est trop cher, nous avions peur d’un marché fermé, mais maintenant nous avons pu prendre des contacts et mettre des visages sur des adresses e-mail", explique Epenge.

Hans Bruneel, le directeur de la compagnie Lod, est aussi du voyage et a déjà fait une bonne expérience au Japon. En 2016, la compagnie de théâtre musical a présenté "House of the sleeping beauties" au Japon, dans une mise en scène de Guy Cassiers (photo), avec des acteurs japonais. Bruneel garde le souvenir d’un excellent niveau de travail de ces acteurs. "La qualité est très appréciée au Japon".

Hans Bruneel veut maintenant présenter "De Sleutel" en divers endroits du Japon, dans une mise en scène de Josse De Pauw, d’après le livre de l’auteur japonais Jun'ichiro Tanizaki, éventuellement avec un acteur ou une actrice japonais. Bruneel se montre également très positif face à ce type de mission économique culturelle au Japon. “Le simple fait que nous voyagions en compagnie d’un ministre nous permet d’obtenir des rendez-vous que nous n’aurions pas obtenus autrement. C’est lié à l’énorme respect des Japonais pour la hiérarchie”, précise le directeur de la compagnie Lod.

Belga