De plus en plus de restaurateurs victimes de chantage à l’avis négatif

Gina Miurin de l’hôtel restaurant étoilé  Hofke van Bazel à Kruibeke ne supporte plus que certains clients abusent des critiques sur les réseaux sociaux pour faire du chantage ou de l’intimidation.  Elle est venue témoigner mercredi soir dans l’émission "Van Gils en Gasten" (VRT), en son nom propre et aux noms des nombreux autres restaurateurs qui subissent les mêmes pressions.

"Aujourd’hui certains clients n’hésitent pas à faire du chantage à la mauvaise réputation s’il n’obtiennent pas ce qu’ils veulent". La sommelière Sepideh Sedaghatnia du restaurant anversois Divin by Sepi a également témoigné de mauvaises expériences.  Gina Miurin a écrit une lettre ouverte sur Facebook suite à un incident avec un client. Trois heures avant son arrivée à l’hôtel il voulait annuler sa chambre par téléphone pour cause de maladie mais il n’acceptait pas de perdre l’acompte qu’il avait versé. "Nous sommes une entreprise avec des employés et des prêts à rembourser, il est normal que l’acompte soit payé ", s’est défendu Gina Miurin.  

Le client l’a ensuite rappelé et a utilisé des mots terribles pour l’intimider en affirmant qu’il allait complètement noircir sa réputation sur les réseaux sociaux, ce qu’il a fait avant même qu’elle  puisse prévenir son personnel. "Ce "client" ainsi écrit dans sa critique : "Nous ne reviendrons plus jamais ici" alors qu’en fait il n’y est jamais venu".

Gina Miurin a écrit sa lettre ouverte pour dénoncer l'utilisation des médias sociaux comme moyen de chantage. "Ils veulent obtenir quelque chose pour leur propre profit et ils commencent à nous menacer. C'est devenu complètement incontrôlable. Il faut penser à ce que cela peut faire à de  jeunes restaurateurs qui viennent juste de commencer et qu'on fait chanter comme ça". 

Sepideh Sedaghatnia a subi la même mauvaise expérience. "Aujourd'hui, vous subissez presque chaque semaine un chantage de la part de clients qui essaient de jouer avec votre image, même dans votre propre restaurant. Il y a quelques semaines, quelqu'un a pointé son doigt menaçant su moi, trois jours plus tard, j'étais toujours choquée. Je ne savais pas quoi faire : dois-je porter plainte ? Après avoir bu un verre de trop, on ne sait pas comment un client peut réagir".

"Cela peut conduire à des faillites"

"Depuis cet été, nous sommes informé de plus en plus souvent de restaurateurs victimes de ce chantage et qui ne savent pas quoi faire" a déclaré Matthias De Caluwe, CEO de Horeca Vlaanderen. "Le client est roi bien sûr, mais il ne faut pas en abuser. Un message sur les réseaux sociaux peut avoir de lourdes conséquences".

Matthias De Caluwe tire aussi la sonnette d’alarme. "Lorsqu’un restaurateur veut réaliser son rêve cela lui coûte énormément d’argent sans savoir si ce sera un succès. C’est finalement le client qui décide s’il viendra et si l’endroit est fantastique ou pas mais cela ( l’utilisation de réseaux sociaux pour faire du chantage) peut conduire à des faillites.