Le centre de Bruxelles endommagé après une action de gilets jaunes

La manifestation à laquelle deux à trois cents gilets jaunes avaient été dénombrés dans les rues de la capitale ce vendredi midi a dégénéré dans l’après-midi. Des affrontements ont eu lieu entre manifestants et forces de l’ordre, qui ont utilisé des auto-pompes pour disperser les personnes qui lançaient des projectiles et ont incendié deux véhicules de police. Au moins trois personnes ont été arrêtées judiciairement. Le calme était revenu en fin d’après-midi, mais la circulation restait perturbée.

Les manifestants s’étaient principalement mobilisés aux abords de la zone neutre - Carrefour Quartier Arts-Loi, rue Royale et bloquaient cette zone vers midi. La police a déployé des barrages autour de la zone neutre. Quelque 60 arrestations ont été effectuées aux abords de la gare du Midi, près de la zone neutre et à la gare centrale.
En fin de journée, le nombre total d’arrestations s’élevait à 74. Elles concernent des perturbations de l'ordre public, des dégradations ou la possession d'objets dangereux comme des fumigènes. Trois personnes ont été arrêtées judiciairement.

Plusieurs tunnels bruxellois du centre étaient fermés à la circulation en raison de la manifestation des gilets jaunes, indiquait aussi la police bruxelloise et Mobiris sur Twitter vers midi. "Suite à une action des #GiletsJaunes la rue de la Loi (à hauteur de la petite ceinture), le tunnel Arts-Loi (direction centre) et Cinquantenaire (direction centre) sont fermés à la circulation", a tweeté la police de Bruxelles-capitale/Ixelles avant d'ajouter que les tunnels Madou et Arts-Loi étaient fermés dans les deux sens.

Selon Mobiris, les tunnel Tervueren, Trône, Belliard et Reyers étaient également fermés. "Les manifestants se rassemblent sur le carrefour entre l'avenue des Arts (#R20) et la rue de la Loi (#N3). La circulation y est perturbée."

Transports en commun également touchés

Les gilets jaunes protestent contre la hausse de taxes sur le carburant et la baisse du pouvoir d’achat dans notre pays, en l’absence d’une indexation des salaires. Les slogans scandés étaient principalement dirigés contre le gouvernement fédéral, réclamant la démission du Premier ministre Charles Michel.

L’action de protestation entraînait également des perturbations sur le réseau bruxellois de transports en commun ce vendredi midi, annonçait Ann Van Hamme, la porte-parole de la Stib. La station de métro Parc est fermée. Les rames de la ligne 1 et 5 ne s'arrêtent pas à cette station. La circulation des trams 92 et 93 est interrompue entre les arrêts Botanique et Louise.

Plusieurs affrontements entre policiers et gilets jaunes

La police estime à environ 500 personnes le nombre total de personnes mobilisées, selon Ilse Van de keere, porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles. Les forces de l’ordre ont d'abord sorti des auto-pompes vers 12h30 pour arroser les participants qui jetaient des projectiles à hauteur de la rue Belliard. Elle a ensuite chargé les gilets jaunes rassemblés en haut de la rue de la Loi. Des coups ont été portés et du gaz lacrymogène a été employé. Deux véhicules de police, dont un retourné, ont été saccagés et incendiés dans ces affrontements.

Le front s'est ensuite déplacé au carrefour Madou, où des casseurs ont notamment jeté des pierres contre la police. Des barrières de chantier et des briques ont été jetées depuis les ponts sur les voies du tunnel. Des petits feux ont été allumés sur la voie publique. Des gilets jaunes étaient restés localisés dans le haut de la rue de la Loi, la manifestation s'étant éclatée en plusieurs noyaux.

Tant le bourgmestre de Bruxelles-Ville, Philippe Close, que le Premier ministre Charles Michel et le ministre de l’Intérieur Jan Jambon ont condamné les violences à l’encontre des forces de l’ordre. Trois personnes ont été arrêtées judiciairement, a indiqué le parquet de Bruxelles en début de soirée. Un dossier pour incendies volontaires a également été ouvert. Les suspects n'ont pas encore été identifiés.

Parmi les trois personnes arrêtées, l'une est suspectée d'avoir commis des faits de port d'arme et une autre est suspectée de dégradations volontaires. La troisième personne a été aperçue en possession de produits stupéfiants et a reçu une convocation pour une audition ultérieure par les services de police.

Vers 16h, le calme était revenu au cœur de la capitale à la suite des échauffourées. Tous les tunnels bruxellois étaient rouverts à la circulation. Le bourgmestre Close a précisé avoir ordonné la "remise en liberté immédiate, dès que j'en ai été informé" d'un journaliste français interpellé au cours d'une opération de confinement d'une centaine de manifestants au milieu desquels celui-ci se trouvait.