"La question n’est pas de savoir si le gouvernement tombera, mais quand"

Le gouvernement Michel tiendra-t-il jusqu’aux élections de mai ? Alors qu’un profond désaccord règne autour du Pacte de l’Onu sur les Migrations, certaines sources au sein de la majorité affirment désormais que la question n’est plus de savoir si le gouvernement va tomber, mais quand. Qui bénéficierait toutefois de la tenue d’élections anticipées ? Eléments de réponse avec le journaliste politique de la VRT, Johny Vansevenant.

Le Pacte de Marrakech constituera-t-il la pomme de discorde définitive du gouvernement Michel ? D’après Johny Vansevenant, la prochaine semaine politique s’annonce chaotique. Des spéculations sur des élections fédérales, fin janvier début février, font surface au sein de plusieurs partis de la majorité.

Les formules visant à faire tenir le gouvernement jusqu’au scrutin régional et européen de mai tombent les unes après les autres. On évoque notamment une majorité alternative, ou un cabinet minoritaire soutenu par l’opposition. Pour le journaliste politique de la VRT, le gouvernement est aujourd’hui au bord du gouffre. Il estime également que les fuites qui font écho d’une chute du gouvernement sont très symptomatiques. 

La semaine de vérité

Selon Johny Vansevenant, la semaine prochaine sera la semaine de vérité pour le gouvernement Michel. Il semblerait qu’une réunion du cabinet restreint soit prévue lundi. La question est toutefois de savoir si une proposition sera déposée sur la table.

Cette journée devra aussi servir au gouvernement à déterminer une position, alors que la commission des Relations extérieures de la Chambre entendra mardi sept experts à propos du Pacte. Les députés devront en principe se prononcer ensuite sur les propositions de résolution déposées par l'opposition et qui demandent au gouvernement l'approbation sans réserve du Pacte. A moins qu'un compromis ne soit trouvé au gouvernement d'ici là, ce vote serait à haut risque puisqu'il pourrait se faire par une majorité de rechange, excluant la N-VA, adversaire du Pacte.

Lors de l’émission politique de la VRT ‘Villa Politica’, le chef de groupe des nationalistes flamands à la Chambre, Peter De Roover a fait savoir qu’il ne voulait pas entendre parler d’un tel scénario. Il a en effet prévenu qu’une majorité de rechange signerait purement et simplement la fin du gouvernement Michel.

La formation d’une coalition minoritaire soutenue par la N-VA depuis l’opposition est également évoquée. Une éventualité qui pourrait jouer en la faveur des nationalistes flamands, qui tiendraient ainsi le rôle de héros d’opposition d’une part, tout en assurant de l’autre une démarche responsable. 

Une chute inévitable

A l’heure actuelle, la plupart des sources provenant de la majorité partent du principe qu’une chute du gouvernement Michel est inévitable. Cela signifierait donc que les citoyens devront retourner aux urnes d’ici février.

Pour Johny Vansevenant, ce scénario serait une bonne affaire pour la N-VA. Les élections anticipées tourneraient dès lors autour de son thème de prédilection : la migration. Une autre formation pourrait également profiter de la situation : le parti d’extrême droite, Vlaams Belang, qui avait enregistré des progression partout en Flandre lors du scrutin local du 14 octobre dernier.

Le journaliste note également la chute du gouvernement dans ces conditions serait une première pour le pays. Jusqu’ici, ce genre de scénario avait toujours été provoqué par des discordes communautaire ou socio-économique, alors que cette fois, le dossier sensible relève d’une question identitaire.

Notons enfin que si nous devions aller voter en janvier ou février, il faudra retourner aux urnes en mai pour les élections régionales et européennes. Après le scrutin fédéral, les négociateurs risqueraient dès lors de prendre des mois à former un gouvernement, car ils voudront attendre les résultats des élections flamandes pour calculer au mieux les coalitions. Il se peut tout aussi bien que le roi freine finalement tout le processus afin de parvenir à tenir jusqu’en mai.