"Un gouvernement raide mort", "La N-VA, nouveau Vlaams Belang": ce qu’en dit la presse flamande

Ce mercredi, la crise gouvernementale domine, sans grande surprise, la une des journaux du nord du pays. Les éditorialistes se demandent quand est-ce que la N-VA se décidera à couper le courant du gouvernement Michel. 

Un gouvernement raide mort

Le Nieuwsblad titre en une : "Arrêtez ça maintenant". Selon l’éditorialiste, Liesbeth Van Impe, la situation est claire : "Ce gouvernement est raide mort", indique-t-elle.

Pour le quotidien Het Laatste Nieuws, "Bart De Wever se retrouve dos au mur, malgré son double mea culpa". "Les choses vont loin si la N-VA fait péter son gouvernement autrefois rêvé pour un texte de l’Onu qui est en soi innocent", écrit Jan Segers.

"Oui, tu peux alors le quitter, ce gouvernement, aussi honteux que tu sembles l’être de ses réalisations, et tu peux les laisser cafouiller sans toi jusqu’en mai. Mais peux-tu alors compter sur la compréhension ? L’électeur doit-il trouver cela normal que, pour quelle que raison que ce soit, le gouvernement entre en affaires courantes ? Et auriez-vous le droit, par mauvaise volonté, de ne plus rien faire pendant une demie année ?".

Et maintenant, Bart De Wever ?

Selon l’éditorialiste du journal De Morgen, la N-VA prendrait un gros risque en laissant tomber le gouvernement. "La N-VA est-elle sûre de ne pas faire l’erreur qui lui a déjà coûté de nombreuses voix le 14 octobre dernier, à savoir préparer le lit pour le Vlaams Belang ?", se demande Bart Eeckhout.

"Et maintenant, Bart De Wever ? ", interroge pour sa part De Standaard. "Soudainement, des élections anticipées deviennent l’option la plus risquée pour la N-VA. C’est pour cette raison que Michel ose mettre De Wever dos au mur au Parlement". 

Gouvernement kamikaze

De son côté, l’éditorialiste du quotidien économique et financier De Tijd qualifie cette crise de "guerre ouverte entre les deux politiciens les plus importants du pays : Charles Michel, et le Premier ministre de l’ombre, Bart De Wever".

"L’ironie est que le gouvernement a attendu les derniers mois de sa vie pour apparaître comme étant kamikaze, alors qu’il aurait pu être un gouvernement de redressement socio-économique", souligne Bart Haeck. 

Le Vlaams Belang nouveau

Dans la Gazet van Antwerpen, la rédactrice en chef, Kris Vanmarsenille constate que "l’homme qui voulait mettre un terme à la guerre avec la gauche et qui prévoyait la réconciliation montre à travers cette campagne (lancée sur Facebook, ndlr) trop peu de respect envers la population diversifiée de sa ville".

De son côté, le journaliste politique Yves Lambrix, du quotidien régional Het Belang van Limburg, qualifie la N-VA de "nouveau Vlaams Belang". "Seuls les nationalistes flamands purs et durs croirons encore que le MR, l’Open VLD et le CD&V sont responsables de ce cauchemar. Quant à l’électeur, il sait sans aucun doute à quoi s’en tenir".