"J’irai à Marrakech, le vote de la résolution m’y oblige"

Après un débat très animé, ce jeudi après-midi à la Chambre, sur le Pacte des Nations unies sur la migration, la position du Premier ministre Charles Michel (MR) était très attendue. Le Premier ministre est monté à la tribune de l’hémicycle, il y a notamment déclaré qu’il ira à Marrakech dans le respect de la Constitution, car "le vote de la résolution l' y oblige".

L'assemblée doit voter ce jeudi soir  une résolution exprimant le soutien du parlement à ce Pacte. "Si ce vote intervient, c'est un signal très fort adressé par ce parlement. Il m'oblige à titre personnel, dans le respect des institutions et de la Constitution", a déclaré Charles Michel.

Le Premier ministre a souligné que la Belgique ne pratiquerait pas la chaise vide à Marrakech mais il a dans le même temps reconnu le problème constitutionnel posé par l'opposition d'un des partis du gouvernement au Pacte.

Selon ce parti, la N-VA, il n'existe en effet pas de consensus au sein du gouvernement pour approuver le Pacte. "Je dois aussi veiller à respecter la Constitution", a souligné le chef du gouvernement. Ainsi, le Premier ministre a fait référence aux mots qu'il avait prononcés à New York en faveur du pacte. Mais il s'engage aussi à exprimer son point de vue au sein de son gouvernement, depuis Marrakech et dans les jours qui suivent, et à respecter la Constitution.

"Une parole est une parole et effectivement la parole de la Belgique compte. Mais dans le même temps, comme Premier ministre, je mesure dans ce moment de gravité politique que la Constitution belge n'est pas un chiffon de papier et je devrai veiller jour après jour, à Marrakech, mais aussi dans les jours après Marrakech, comment il sera possible, à chaque fois, de défendre mon point de vue, ma conviction au sein du conseil des ministres, du comité ministériel restreint, avec le parlement, mais en même temps je devrai veiller - et je le ferai certainement - au respect complet de la Constitution", a-t-il dit.

Devant les incertitudes que laisse planer cette réponse, la Chambre a suspendu la séance plénière pour une dizaine de minutes à la demande du PS.