Que va-t-il advenir du gouvernement Michel ?

Après le vote en commission hier, le Pacte des Nations unies sur les migrations sera débattu cet après-midi en séance plénière à la Chambre. Après le résultat du vote le Premier ministre Charles Michel a l’intention de se rendre lundi à Marrakech. La N-VA l'accepte mais refuse que le Premier ministre lie la Belgique à ce pacte au nom de l’ensemble du gouvernement. Le gouvernement fédéral est donc plus que jamais divisé. Que va-t-il advenir du gouvernement Michel ? "Si la N-VA veut conserver sa crédibilité, elle doit retirer la prise" a estimé Tom Van Grieken, le président du Vlaams Belang, dans "De ochtend" sur Radio 1 (VRT).

Le Pacte sur les migrations fera l'objet d'un débat et d'un vote en séance plénière du Parlement fédéral. Le débat devrait en principe commencer à 14h15. Hier, la commission des relations extérieures de la Chambre a approuvé le Pacte, mais avec un amendement pour indiquer clairement la manière dont les juges belges devront le lire. Les partis MR, Open VLD et CD&V ont reçu le soutien de l'opposition les écologistes, le CDH et le SP.A, formant ainsi une majorité de rechange. La N-VA a voté contre. On s'attend à voir un scénario similaire cet après-midi, mais " le vrai poids politique " est en séance plénière, estime Marc Van de Looverbosch, journaliste politique à la VRT. "Tout le monde attend avec impatience l'intervention du Premier ministre.

Pour comprendre l'importance de cette intervention, il faut revenir à une déclaration faite par le Premier ministre mardi : "Je vais à Marrakech pour y communiquer la position du Parlement". Et donc pas la position du gouvernement, car la N-VA continue de s'y opposer. La grande question qui se pose maintenant est la suivante : le premier ministre peut-il agir de la sorte ?

Les experts sont partagés sur la question de savoir si la Constitution autorise le Premier ministre à présenter seulement la position du Parlement à Marrakech, lundi. Selon le professeur de Droit international Jan Wauters (KUL) une telle position doit être prise par les chefs de gouvernement. De son côté, le constitutionnaliste Stefan Sottiaux (KUL) estime que seul le gouvernement peut se prononcer sur ce Pacte, car le Parlement ne se prononce pas sur les pactes internationaux. Donc , soit le gouvernement devrait avoir une autre composition, soit cela ne peut se faire", conclut-il. "Les interprétations sont différentes ", admet la député Kattrin Jadin (MR).

La N-VA accepte que le Premier se rende lundi à Marrakech mais seulement pour y exprimer l’opinion du parlement pas du gouvernement. Le chef de groupe de la N-VA Peter De Roover l’a encore répété mercredi soir dans l'émission "Terzake" (VRT). "Le gouvernement est toujours divisé sur ce Pacte. Mais la N-VA souhaite toujours trouver une solution au sein du gouvernement et espère l’obtenir d’ici l'Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 19 décembre prochain".

"Si le Premier dit: je vais lier la Belgique au Pacte, alors je pense que le gouvernement doit se réunir et alors il y a un problème", a encore dit le chef de file de la N-VA à la Chambre.

Bart De Wever a clairement indiqué dans ses quelques interventions que la N-VA ne voulait pas d'une crise, mais que son parti était fermement opposée au pacte. Quelle solution un gouvernement divisé pourrait encore trouver ? Beaucoup se demandent si la chute du gouvernement n’est pas simplement reportée de quelques jours.

Pour le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken, cela reflète en tous cas la faiblesse de la N-VA. "Les promesses de la N-VA n’ont plus beaucoup de valeurs à mes yeux. Le gouvernement devait tomber si le Premier ministre allait à Marrakech. A présent le Premier ministre peut aller à Marrakech. Le gouvernement devait tomber si une majorité de rechange approuvait le texte au Parlement. Et bien, c’est approuvé avec une majorité de rechange au Parlement et … ? Si la N-VA veut rester crédible, elle ferait mieux de retirer la prise de ce gouvernements. Mais apparemment elle ne veut pas le faire pour le moment" a-t-il déclaré. Pour Marc Van de Looverbosch, "s’ils veulent que la N-VA s’en aille ils devront la faire sortir du gouvernement à coups de pieds".