Le pacte de l’ONU sur les migrations sera discuté en conseil des ministres spécial

Le pacte des Nations-Unies sur les migrations n’a finalement pas été mis à l’agenda du conseil des ministres qui avait lieu ce vendredi matin. Le Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Theo Francken (N-VA, photo), a indiqué que le Premier ministre entamait des consultations avec les vice-Premiers ministres. Le parti nationaliste flamand a aussi demandé de mettre le pacte à l’agenda d’un conseil de ministres spécial, encore avant le départ de Charles Michel pour Marrakech, le 10 décembre.

A la demande de la N-VA, le conseil des ministres se réunira ce vendredi ou ce week-end, samedi ou dimanche, pour examiner la question du pacte de l'ONU sur les migrations. "Nous nous sommes mis d’accord sur un conseil des ministres spécialement consacré à la problématique du pacte des migrations", a indiqué le vice-Premier ministre Kris Peeters (CD&V). C'est le Premier ministre Charles Michel qui déterminera l'agenda.

Le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) confirmait cette information. Il indiquait également que l’atmosphère au sein du gouvernement fédéral est "professionnelle et axé sur les dossiers". Selon le ministre, "ce fut avant tout turbulent à la Chambre, hier".

Jan Jambon ne semble pas trouver problématique que Charles Michel se rende lundi à Marrakech, "mais il ne peut y approuver le pacte. Et pas à New York non plus, par la suite. Etre présent ne revient pas à accepter de façon implicite le pacte. Etre présent et se taire, c’est par contre l’accepter implicitement".

Le gouvernement sous tension

Après le long débat parlementaire de jeudi, le pacte de l'ONU sur les migrations reviendra donc rapidement sur la table du gouvernement où le constat de l'absence de consensus entre les partis de la majorité pourrait être formellement posé. Le MR, Open VLD et le CD&V souhaitent que le gouvernement approuve le pacte, ce que refuse la N-VA.

Jeudi, le Premier ministre Michel (photo) a confirmé qu'il se rendra bien à Marrakech alors que la séance plénière a été marquée par un nouveau fait politique dans la soirée: le vote d'une résolution par le MR, l'Open VLD, le CD&V et l'ensemble des groupes démocratiques de l'opposition, demandant au gouvernement fédéral d'"approuver le pacte". Les nationalistes flamands persistent quant à eux à dire que le Premier ministre ne pourra se rendre à Marrakech au nom du gouvernement puisque le conseil des ministres n'a jamais donné de feu vert officiel.

De ce fait, et en vertu de la constitution, le Premier ministre ne peut s'exprimer au nom de l'exécutif, estime le parti de Bart De Wever. Une interprétation contestée par les libéraux et les chrétiens-démocrates qui soulignent que le dossier a bien été examiné au niveau politique durant les derniers mois. "Si la N-VA ne laisse pas le Premier ministre aller à Marrakech, nous aurons un gros problème politique", a déclaré vendredi matin, dans l'émission de la VRT De Ochtend, le chef de groupe du CD&V à la Chambre, Servais Verherstraeten.

Par contre, si Charles Michel fait le voyage au Maroc, il aura 10 jours de plus pour trouver une solution avant le vote du texte à l'ONU, a-t-il ajouté. "L'écueil de New York doit être déminé, ce qui permettrait au gouvernement d'arriver à la fin de la législature", a encore dit Verherstraeten estimant que le Premier ministre devra faire preuve de créativité.