Gouvernement Michel II : la N-VA, Groen et le SP.A réclament un vote de confiance à la Chambre

La N-VA demande que la coalition orange-bleu sollicite un vote de confiance "aussi vite que possible" à la Chambre, a indiqué lundi son chef de groupe Peter De Roover. Les Verts du parti Groen ainsi que les socialistes flamands du SP.A partagent cette demande. 

L'Orange bleue n'est pas la continuation du gouvernement Michel I, mais bien un nouveau gouvernement, affirme M. De Roover. C'est la raison pour laquelle cette coalition doit recevoir la confiance au parlement et établir une nouvelle déclaration gouvernementale, ajoute-t-il.

"Je constate que (le vice-Premier) ministre Kris Peeters a dit que ce n'était pas un 'copy-paste' de Michel I, qu'il y a des noms nouveaux sur des compétences nouvelles et que la ministre Maggie De Block a déjà annoncé un changement de cap. Ce sont des raisons suffisantes pour clarifier la situation, afin de pouvoir reprendre le travail parlementaire aussi vite que possible".

"En tant que chef de groupe du plus grand groupe au parlement, je souhaite savoir quels sont ces accents. C'est la décence la plus élémentaire", a conclu M. De Roover. 

"La Belgique n’a plus de gouvernement"

Le SP.A aussi exige la tenue d’un vote de confiance. Sans ce vote, il n’y a pas de gouvernement et pas de majorité parlementaire, a fait savoir le bureau du parti par communiqué. "La Belgique n’a en fait plus de gouvernement. Charles Michel n’a plus de majorité, et il n’a pas la confiance du Parlement", ajoutent les socialistes flamands.

"Les partis de l’ancien gouvernement Michel ont laissé le pays dans l’incertitude", soulignent encore le président du SP.A, John Crombez, et la cheffe de groupe, Meryame Kitir. "Les gens ne peuvent pas attendre six mois pour trouver des solutions aux problèmes auxquels ils sont confrontés au niveau du pouvoir d’achat, des pensions ou des soins de santé", précisent-ils. Les socialistes voudraient ainsi trouver une majorité pour une baisse de la tva sur l’électricité, de 21 à 6%.

De son côté, Groen estime aussi qu’il est logique que le nouveau gouvernement demande la confiance de la Chambre. "Cela ne doit pas obligatoirement se passer demain, mais bien dans un délai raisonnable", a commenté le chef de groupe, Kristof Calvo.

"Ce qui nous intéresse, c’est de savoir ce que le gouvernement va faire dans la pratique. C’est une bonne chose de vouloir mettre le climat et le pouvoir d’achat dans ses priorités. Mais nous voulons savoir précisément ce qu’ils comptent faire. Et de là, nous pourrons savoir si le gouvernement peut obtenir la confiance", conclut Kristof Calvo.  

Le PS veut des clarifications

Groen et le SP.A ont également exprimé la demande d'un vote de confiance au Parlement. De son côté, le groupe PS à la Chambre persiste à vouloir obtenir du Premier ministre Charles Michel qu'il vienne solennellement en séance plénière de la Chambre fournir des clarifications sur ce qu'il compte faire avec le gouvernement fédéral, dès son retour de Marrakech.

Les socialistes s'interrogent sur ce qu'il s'est produit ce week-end après la démission des ministres N-VA et la nomination de ministres en remplacement. Y a-t-il un changement de gouvernement, une nouvelle déclaration, un nouveau programme ? "Le Premier ministre doit prendre ses responsabilités, en séance plénière de la Chambre, pas lors d'une nouvelle conférence de presse à la télévision. Il doit expliquer quel est le périmètre de son action, préciser quels sont encore ses éventuels liens avec la N-VA qui, après avoir dirigé le gouvernement, semble continuer à diriger le parlement et le pays", a déclaré le chef de groupe Ahmed Laaouej.

Si une motion de confiance devait être déposée, le groupe PS voterait contre. Il voterait en faveur d'une éventuelle motion de méfiance déposée par un parti démocratique.

Theo Francken dénonce le "déficit démocratique" de la nouvelle coalition

Lundi matin, sur les ondes de Radio 1 (VRT), l'ancien secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration Theo Francken (N-VA) s'est interrogé sur la constitutionnalité de la nouvelle coalition. "C'est un gouvernement en minorité en Flandre et en Wallonie, avec un nouveau programme de gouvernement et pourtant, il n'est pas soumis à un vote de confiance du parlement. Quel manque de déficit démocratique est-ce là? ", a-t-il déclaré dans l'émission "De Ochtend".

"Pour ce que j'en ai compris, le Premier ministre n'est pas encore allé chez le Roi. Le gouvernement ne va pas non plus devant le parlement, alors qu'il ne représente qu'un tiers des sièges et un tiers des électeurs. Je me pose donc des questions constitutionnelles", a-t-il ajouté.

"C'est un gouvernement en minorité en Flandre et en Wallonie, qui a annoncé un nouveau programme" centré autour du pouvoir d'achat, de la sécurité et du climat. "En tant que démocrate, je m'interroge. Pourquoi le gouvernement n'ose-t-il pas demander la confiance au parlement? ", a poursuivi Theo Francken, estimant "légère" la manière dont Charles Michel "interprète" la Constitution.