Charles Michel a entamé ses consultations avec les différents groupes de la Chambre

Le Premier ministre, Charles Michel, a entamé mardi une série de consultations des groupes démocratiques de la Chambre. Le chef de groupe N-VA, Peter De Roover, est le premier à avoir été reçu. Le président de la N-VA, Bart De Wever, a conditionné sa confiance à une concertation préalable. Un débat sur la situation politique aura lieu à la Chambre mercredi. 

Le Premier ministre veut mener un "dialogue de qualité" en vue de garantir "la stabilité et la continuité", a indiqué son cabinet. A midi, la conférence des présidents de la Chambre se réunira pour décider de l'agenda des heures et jours à venir.

Le tour des consultations devrait s'achever en fin de journée.
Charles Michel a annoncé dimanche ces consultations alors que son gouvernement minoritaire entend coopérer avec le parlement.

Cependant, la N-VA, le SP.A et les écologistes ont clairement posé la question de la confiance au gouvernement Michel II dans l'attente des explications que le Premier ministre doit fournir au parlement.
 

Bart De Wever conditionne sa confiance à une concertation préalable

Le président de la N-VA Bart De Wever n'a pas exclu lundi soir que son parti, démissionnaire du gouvernement Michel I, accorde sa confiance à la nouvelle coalition fédérale, mais à condition d'être concerté au préalable sur le programme de cette coalition, indique-t-il dans une interview à l’émission "Terzake" (VRT).

"Ça dépendra du contenu de la déclaration gouvernementale, et si elle a été au préalable vérifiée avec nous", déclare-t-il.

"Mais si on fait comme si on n'a pas besoin de nous pour une majorité démocratique, alors c'est une sorte de coup d'État dissimulé, en douceur", ajoute-t-il.

La N-VA ne déposera pas d'elle-même une motion de méfiance, parce qu'elle espère voir aboutir certains dossiers convenus au sein de la Suédoise. Bart De Wever cite notamment le jobsdeal - pour lequel certains pans liés au chômage doivent encore être réglés - et des mesures fiscales sur les pensions. "Ces bons points-là, nous voulons les approuver. Je ne veux absolument pas d'élections anticipées", ajoute-t-il.

A ses yeux, un gouvernement minoritaire est possible, mais il convient de demander le feu vert du parlement, a-t-il ajouté sur VTM, confirmant la position de son parti. Le Premier ministre Charles Michel doit venir s'expliquer au parlement parce qu'à ses yeux, la coalition restreinte Orange bleue constitue bien un nouveau gouvernement, avec une politique neuve et un programme neuf en trois axes.

"Il est donc logique qu'il vienne demander la confiance au parlement après avoir déposé une déclaration gouvernementale", commente encore Bart De Wever.
 

Un débat sur la situation politique aura lieu à la Chambre mercredi

Il n'est pas question de déclaration gouvernementale de l'équipe Michel II pour le moment. Le Premier ministre mènera encore des consultations mercredi.

Mardi prochain, des interpellations sont par contre prévues. Une motion conclut traditionnellement une interpellation et la question de la confiance ou de la méfiance pourrait dès lors être posée. Le SP.A fait savoir qu'il tenait prête une motion de méfiance. Les socialistes flamands attendent une réponse "honnête et transparente" du Premier ministre.

"Est-ce que le but est de poursuivre la politique de destruction des 4 années passées? Alors nous dirons non. Est-ce que le but est d'éviter le chaos au pays? Alors nous voulons participer à la réflexion", a explique la cheffe de groupe SP.A, Meryame Kitir. Le SP.A sera reçu en fin de journée par Charles Michel.

Son homologue francophone s'est entretenu en début d'après-midi avec le Premier ministre. Le chef de groupe, Ahmed Laaouej (PS), a exprimé sa déception. Il dit n'avoir perçu aucune "rupture", que ce soit avec la N-A, avec laquelle Charles Michel discute toujours, ou dans la "politique anti-sociale" du gouvernement. "Le PS ne sera pas la béquille d'un gouvernement chancelant", a répété Ahmed Laaouej.

La N-VA a été reçue en premier lieu. Les nationalistes attendent de connaître les intention du nouveau gouvernement avant d'apporter un éventuel soutien.
"Si on n'a pas eu besoin de nous pour former une majorité (pour approuver le Pacte de l'ONU sur la migration), nous n'allons pas dire, deux jours après Marrakech: OK, c'est oublié, point suivant de l'ordre du jour. Non, nous voulons connaître les intentions du nouveau gouvernement", a expliqué le chef de groupe, Peter De Roover.

Les écologistes ont déposé une proposition de résolution visant à muscler les ambitions climatiques de la Belgique. Ils ont obtenu un débat demain/mercredi sur la COP24 après les questions sur la situation politique actuelle.

Maintenant que la N-VA est sortie de la coalition et que le pouvoir est revenu au parlement, ils espèrent que leur texte pourra être voté avant vendredi, quand s'achèvera la COP24.

Dans les rangs de la coalition orange-bleu, l'idée d'une motion de confiance que le Premier ministre soumettrait au parlement n'est toujours pas à l'ordre du jour. Le MR envisage d'adapter la déclaration gouvernementale en fonction des consultations qui sont en cours.