Menacé de disparition, le site d'information DaarDaar lance un appel aux dons

DaarDaar (photo d'archives), le site d'information qui propose des traductions françaises d'articles et d'éditoriaux issus de la presse flamande - afin de permettre une information plus complète et une meilleure compréhension entre citoyens du nord et du sud de la Belgique -, est menacé de disparaître. La plateforme en ligne est confrontée à des problèmes financier et lance un appel aux dons ce mardi, tout en cherchant un mode de fonctionnement pérenne. Ce mercredi, le ministre des Médias de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Jean-Claude Marcourt, s'est dit prêt à accorder une aide financière au site d'information, dès 2019. 

Ces dernières semaines, les activités du site internet lancé en 2015 se sont considérablement réduites en raison d'une situation budgétaire en berne. Le modèle sur lequel repose DaarDaar est simple: "côté rentrées, nous bénéficions d'aides et de subventions publiques, auxquelles s'ajoutent les très généreuses contributions de nos lecteurs (...). Côté dépenses: notre abonnement à l'ensemble des quotidiens de la presse flamande, les droits d'auteurs dont nous devons nous acquitter pour publier les traductions, les frais liés à la conception et à la maintenance de notre site et la rémunération des traducteurs".

"Entre les deux: pour faire tourner la boutique, une équipe de dix citoyens motivés et dynamiques, tous bénévoles, mus par la seule volonté d'aider les Régions de notre pays à mieux se comprendre", détaille le média, partenaire notamment de flandreinfo.be.

Malgré de nombreux efforts, DaarDaar peine cependant à générer des revenus et à garder la tête hors de l'eau. "Après avoir investi l'intégralité des dons reçus de nos lecteurs dans le fonctionnement du site, nous avons épuisé la quasi-totalité des aides et subventions publiques auxquelles nous avions droit", écrit l'équipe dans son appel à contributions.

Un soutien de nombreuses personnalités

Pour assurer sa survie à long terme, DaarDaar mise par ailleurs sur l'accompagnement de Coopcity, un centre d'aide destiné aux entreprises sociales et coopératives.

Ce mardi, plusieurs personnalités des milieux médiatique, académique et culturel ont tenu à apporter leur soutien au site sous la plume de l'écrivain Thomas Gunzig. Dans une lettre ouverte publiée sur les réseaux sociaux, il écrit: "Je me désole, aujourd'hui, de constater qu'un média de qualité, digne d'un service public, doive lutter à ce point pour trouver les soutiens financiers dont dépend sa survie".

Le média indépendant, dont la vocation est de jeter des ponts entre les communautés linguistiques du pays, n'est pas le premier à connaître des difficultés financières. L'an dernier, la revue belge d'actualité et de grands reportages "24h01" a dû cesser ses activités après cinq ans d'existence, faute de ventes suffisantes et d'un modèle économique solide.

"Pourquoi DaarDaar ne peut disparaître", lettre ouverte de Thomas Gunzig

Première réaction politique

Interrogé ce mercredi au sujet de la situation de DaarDaar par les députés Stéphane Hazée (Ecolo) et Fabian Culot (MR), en plénière du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le ministre des Médias a répondu avoir reçu une demande d'aide d'une personne impliquée dans ce site d'information.

"Je suis prêt à examiner favorablement cette demande sur le budget 2019 afin d'octroyer une aide qui permettrait d'assurer la pérennité de DaarDaar", a annoncé. Jean-Claude Marcourt.

Devant les députés, le ministre a rappelé qu'il avait déjà octroyé une aide de 15.000 euros pour le lancement du site en 2015, mais qu'il n'avait plus jamais été sollicité depuis lors. Jusqu'à ce mercredi matin.