Climat : la Flandre se montre prudente face à la volonté d’une politique plus ambitieuse

A l'issue d'une rencontre "constructive" en marge de la COP24 en Pologne, les trois ministres régionaux en charge de l’environnement ont fait part de leur volonté de se réunir entre eux chaque mois avec le fédéral et d'étudier l'idée de la mise en place d'une agence inter-fédérale du climat. La proposition d'organiser en Belgique la COP26 n’est, en revanche, pas approuvée par la Flandre. Quant à la volonté de mener une politique climatique plus ambitieuse, elle doit, selon la ministre flamande, d’abord être approuvée par le gouvernement de Geert Bourgeois.

En marge de la conférence de Katowice, la ministre flamande Joke Schauvliege, le ministre wallon Jean-Luc Crucke et la ministre bruxelloise Céline Fremault ont exprimé "leurs voeux les plus fermes" de voir le Plan national énergie climat (PNEC), qui doit être remis à la Commission européenne, être approuvé lors du comité de concertation prévu le 19 décembre prochain.

"Ce plan doit permettre à tout le moins à la Belgique de respecter ses engagements européens en matière de réduction des gaz à effet de serre, ce qui est un préalable à une ambition renforcée", soulignent-ils. Le PNEC doit encore être finalisé par le volet fédéral du document.

Prudence flamande

Alors qu’environ 75.000 personnes ont défilé début décembre à Bruxelles pour demander aux autorités une politique climatique plus ambitieuse, les écologistes flamands, présents à Katowice, ont appelé le gouvernement Michel II, tout juste remanié, à agir, et à rejoindre le club des pays exemplaires en la matière. "Nous avons désormais une nouvelle coalition qui a annoncé que le climat était un point fort de son programme. Nous demandons donc qu’elle ajuste ses ambitions", a déclaré la sénatrice Groen, Annemie Maes, au micro de la VRT.

Jusqu’ici, l’Europe a promis de baisser de 40% ses émissions de CO2 d’ici 2030. Mais une dizaine de pays, dont les Pays-Bas, désirent faire passer cette ambition à une diminution de 55%. De son côté, le ministre wallon est en faveur d’une hausse des ambitions, une position qui est, d’après lui, partagée par les ministres fédérale et bruxelloise. Côté flamand, on préfère toutefois attendre : "Je découvre cette ambition", souligne Joke Schauvliege (photo ci-dessous). "Il faut toutefois attendre le résultat des négociations. Si les trois autres ministres sont d’accord pour relever les ambitions, je devrais alors m’adresser au gouvernement flamand, qui devra alors voir s’il peut donner son feu vert. Mais pour l’instant, j’attends de voir un texte, car il n’y toujours pas de plan fédéral pour le climat", conclut-elle.  

Nicolas Maeterlinck

Davantage de concertation

Les trois ministres régionaux ont aussi décidé d'organiser mensuellement, dès 2019, une réunion entre eux et en présence du fédéral, "qui sera liée à l'agenda climatique européen et international." En outre, l'idée de la mise en place d'une agence inter-fédérale du climat sera étudiée. Cette agence fonctionnerait un peu à l'image de l'agence pour le commerce extérieur, a précisé Céline Fremault, qui avait déjà lancé l'idée d'une telle structure lors de la COP20, il y a quatre ans à Lima.

Ces avancées doivent permettre d'éviter des "couacs" comme celui qui a vu dernièrement la Belgique voter contre une proposition de directive européenne sur l'efficacité énergétique et s'abstenir au sujet d'une proposition de directive sur les énergies renouvelables, explique-t-on.

La COP26 en Belgique? C’est non pour la Flandre

Concernant l'idée avancée par la Wallonie d'organiser en Belgique la COP26 en 2020, la Flandre confirme ses réticences par rapport au coût possible d'une telle organisation.

 

Le gouvernement flamand préférerait consacrer les 200 millions que cela pourrait coûter à des mesures effectives de réduction des gaz à effet de serre, a expliqué Joke Schauvliege. "Le dossier n'est ni au frigo ni sur le feu, il est en gestation", a pour sa part indiqué Jean-Luc Crucke. Ce dossier, de même que l'idée d'une étude de faisabilité, atterriront sur la table du comité de concertation début 2019.