Charles Michel se montre peu optimiste à propos du Brexit

Le Premier ministre belge n'est "pas optimiste" quant à la possibilité que l'accord sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne soit approuvé par le parlement britannique. C’est ce que Charles Michel a déclaré ce vendredi, à son arrivée à la deuxième journée d'un sommet européen à Bruxelles. Selon lui, la Belgique doit se préparer à une absence d’accord.

"Très objectivement, les signaux que nous avons entendus hier ne sont pas spécialement rassurants sur la capacité en Grande-Bretagne de pouvoir honorer l'engagement qui a été conclu", a souligné le chef du gouvernement fédéral. "Nous allons dès lors veiller à préparer toutes les hypothèses, en ce compris celle d'un no-deal", a poursuivi Michel.

"Il y a une réelle chance" que ce scénario se réalise, a regretté Charles Michel. D'après lui, un Brexit sans accord aura des conséquences pour les douanes, les entreprises, l'économie et les citoyens. Le point sera d'ailleurs placé à l'ordre du jour d'un comité de concertation la semaine prochaine. "Nous allons prendre des initiatives avec les entités fédérées et le ministre des Affaires étrangères pour nous y préparer", affirmait le Premier ministre.

La Première ministre britannique Theresa May a assuré jeudi soir aux 27 que l'accord du Brexit pourrait être voté par son parlement si elle obtenait des assurances que le Royaume-Uni ne sera pas arrimé indéfiniment au bloc européen. Ses explications ne semblent toutefois pas avoir convaincu Charles Michel, qui a estimé que "l'incertitude était gigantesque" quant à la possibilité que l'accord soit avalisé par la Chambre des Communes.

Selon une source européenne, l'ambiance jeudi soir lors de la discussion sur le Brexit était "très mauvaise". "Theresa May a été incapable de formuler ce qu'elle voulait" et a été régulièrement interrompue par la chancelière allemande Angela Merkel qui lui demandait ce qu'elle attendait exactement, a expliqué cette source.

Charles Michel poursuivra, ce week-end, ses discussions sur le budget

A son arrivée au sommet européen, ce vendredi matin, le Premier ministre a répété espérer que le budget soit approuvé à la Chambre la semaine prochaine, tout en rappelant que la "balle n'était plus dans son camp, mais dans celui des groupes au parlement".

"Le Premier ministre poursuivra son travail ce week-end afin que le budget soit approuvé. Il aura à nouveau des contacts avec les partis à ce sujet", a-t-on assuré dans son entourage. Le budget 2019 doit être voté jeudi à la Chambre, mais son approbation ne semble plus garantie depuis que la N-VA a quitté l'attelage fédéral. "J'ai l'impression qu'il serait irresponsable, de la part de ceux qui ont travaillé à ce budget, de ne pas ensuite l'approuver", a déclaré à ce propos Charles Michel vendredi matin.

Interviewé ce vendredi matin en radio, l'ex-ministre des Finances Johan Van Overtveldt n'a d'ailleurs pas donné de précisions sur l'attitude qu'adoptera sa formation politique. "La question est de savoir si l'ensemble des engagements seront exécutés ou pas", a-t-il pointé, en estimant que le moment de vérité interviendrait mardi.

En vertu d'un motion déposée mercredi par l'opposition et soutenue par la N-VA, le Premier ministre a été invité à présenter une déclaration gouvernementale et à demander la confiance à la Chambre. En ce qui concerne le budget, Charles Michel a en tout cas souligné que son approbation était désormais de la responsabilité des partis. "La balle n'est plus dans mon camp". Le Premier ministre a par ailleurs affirmé avoir reçu jeudi beaucoup de soutien de ses homologues européens qui ont des expériences de gouvernement minoritaire.

"La moitié des pays qui sont à la table du Conseil européen ont des gouvernements minoritaires", a-t-il souligné. "Ce n'est donc pas si exceptionnel, mais ce n'est pas dans les traditions en Belgique. C'est pourquoi j'ai aussi dit que cette situation ne durerait que quelques mois, mais c'est un débat pour le parlement belge".