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La Belgique aide des pays du Sud à réaliser leur plan climat

L'initiative de la Belgique, lancée en 2016 à Marrakech (COP22), visant à soutenir des pays en développement dans la mise en œuvre de leur plan climat, a donné lieu jusqu'à présent à un soutien concret à cinq pays. C’est ce qui a été annoncé jeudi à Katowice, en Pologne, où se déroule la 24e Conférence des Nations unies sur le climat (COP24).

L'Accord de Paris prévoit que chaque pays réalise une contribution déterminée au niveau national (NDC, dans le jargon onusien) reprenant ses efforts de réduction de gaz à effet de serre, mais aussi ses besoins en matière d'adaptation aux conséquences des changements climatiques ou en matière de finance climatique. C'est dans ce cadre que la Belgique a lancé une initiative de soutien à la réalisation par des pays du Sud de leur plan climat.

Depuis 2017, la Belgique a ainsi aidé cinq pays: le Rwanda, le Cameroun (photo ci-dessous), la Côte-d'Ivoire, la Palestine (photo ci-dessus) et le Niger. "Les pays éligibles sont les pays francophones ou les pays partenaires de la coopération belge", explique Patricia Grobben, qui coordonne l'initiative belge. "Nous partons des priorités des pays, en lançant des appels à projets. Nous travaillons toujours avec les administrations publiques".

Yorick Jansens

Environ 120.000 euros par projet

Au Rwanda, la Belgique a ainsi aidé à la mise en place d'un système informatique de gestion des données pour le calcul des niveaux de gaz à effet de serre. "Auparavant, ces pays faisaient souvent appel à des sociétés de consultance qui, une fois leur mission remplie, repartaient avec les données. Ici, on constitue une base de données, ce qui est essentiel, car mesurer c'est savoir", poursuit Patricia Grobben.

Ce genre d'approche, complémentaire au financement climat, est grandement appréciée par les pays du Sud car elle permet de renforcer leur capacité à faire face aux changements climatiques. Les projets financés dans ce cadre par la Belgique sont modestes d'un point de vue budgétaire - environ 120.000 euros par projet - mais n'en sont pas moins essentiels.

Il peut aussi être question de venir en aide aux pays du Sud dans leur recherche de financements climatiques en les aidant à avoir accès, ce qui n'est pas toujours aisé, à certains fonds internationaux, comme le Fonds vert pour le climat.

La ministre fédérale de l'Environnement, de l'Energie et du Développement durable, Marie Christine Marghem (photo, archives), à l'origine de ce programme, a pu rencontrer plusieurs pays bénéficiaires, jeudi à la COP24, et mesurer leur satisfaction. "Le retour est tellement positif qu'ils souhaiteraient avoir un soutien financier supplémentaire pour d'autres projets", a déclaré la ministre. "Nous sommes ravis d'avoir pu travailler avec ces pays pour les aider à ouvrir une porte".