La journée nationale d’actions syndicales affecte les transports et l’industrie

Les syndicats se mobilisent en front commun et dans l’ensemble du pays ce vendredi, pour réclamer un pouvoir d’achats plus élevé, des emplois réalistes, des pensions décentes. Leur action est dirigée à l’encontre du gouvernement Michel et des employeurs. Des affiliés distribuent des tracts, de nombreux autres ont interrompu le travail. Le mouvement affecte surtout les transports en commun dans les villes, en Brabant flamand et dans le Limbourg, mais aussi les secteurs de l’alimentation, du métal, du textile et des transports.

Le comité ministériel restreint rencontrera samedi les partenaires sociaux.

Ce vendredi matin et après-midi, la circulation des bus et trams de la société régionale flamande de transports en commun De Lijn (photo) était perturbée dans la plupart des grandes villes et sur les lignes régionales. Les plus grosses perturbations avaient lieu sur les réseaux d’Anvers et Gand. Dans la métropole anversoise, environ 30% des chauffeurs de tram avaient pris leur service à 7h. Six lignes de bus étaient également sérieusement perturbées.

A Gand (Flandre orientale), trams et bus circulent moins souvent. Après 20h, les lignes urbaines s'arrêteront. Les lignes régionales sont également fortement impactées, les usagers des transports en commun en Flandre devront ainsi prendre leur mal en patience, notamment en Brabant flamand, dans le Limbourg et en Flandre occidentale.

D'autres endroits où les bus et trams étaient moins nombreux en raison de l'action syndicale sont Malines, Turnhout, Alost, Saint-Nicolas, Louvain, le Pajottenland et le Hageland. 

Le réseau wallon du Tec était aussi perturbé. Aucun véhicule n'est sorti des dépôts à Charleroi tandis qu'à Liège, aucun service n'est assuré par les bus des dépôts du Condroz ainsi que des régions de Hesbaye et de Seraing. Seuls quelques-uns sont effectués par les dépôts de Liège et son agglomération, à Verviers et dans les régions suburbaines ainsi qu'à Eupen et dans les Fagnes.

Dans la province de Namur 45% des bus circulent, et dans celle du Luxembourg 83% roulent. Dans le Hainaut occidental, 50% des services sont assurés. La situation la plus problématique est celle du Centre, avec 5% des bus qui roulent. A Mons, 19% des services sont assurés et 11% dans le Borinage. Pour le Brabant wallon, 50% des parcours sont effectués.

Pas de perturbation à la SNCB et Brussels Airport

La Société nationale des chemins de fer SNCB et la société bruxelloise des transports en commun Stib ne sont, elles, pas touchées par l’action nationale de protestation. Les trains roulent normalement, tout comme les bus, trams et métros bruxellois.

La journée nationale d'actions syndicales n'a perturbé que très légèrement les services de Brussels Airport ce vendredi, a indiqué l'entreprise. Il n'y a pas eu de problème au check-in, ni à la livraison des bagages, ni aux contrôles, a précisé la porte-parole de l'aéroport.

Dans le cadre de la journée d'actions, les syndicats des employés des sociétés de manutention des bagages ont cependant lancé un appel à participer à la grève. Le syndicat socialiste des transports avait prédit une large participation. "Il y a effectivement des mouvements de grève, mais il y a suffisamment de personnel pour mener les opérations", a-t-elle ajouté. Les voyageurs ont reçu pour conseil de la part de Brussels Airport de voyager uniquement avec des bagages à main ce vendredi.

L’action perturbe par contre le transport de fret à Brucargo, la zone marchandises de l'aéroport de Zaventem. Les perturbations y sont même importantes, avec l'annulation d'une grande partie des vols prévus au départ et à l'arrivée. Concernant les chargements censés quitter le tarmac, 8 des 12 vols prévus vendredi ont été annulés. Certains vols sont maintenus, mais devraient partir avec du retard. Quant aux arrivées, 7 des 11 vols attendus à Brucargo ont été annulés.

Divers secteurs d’activités atteints par la grève

En Flandre, l’action de grève touche avant tout les secteurs de l’alimentation, du métal, du textile et des transports. Nombre de grandes entreprises sont à l’arrêt. C’est notamment le cas de la production et la distribution à l’usine Coca-Cola à Wilrijk. Les employés d'autres grandes entreprises du secteur alimentaire de la province anversoise ont également débrayé.

En Brabant flamand aussi, des entreprises étaient touchées par l'action de protestation, comme la brasserie AB InBev, la fabrique Danone et la grande surface Colruyt. 

De légères perturbations ont été notées chez Audi Bruxelles à Forest. Entre 20 et 30% des employés ont débrayé, ce qui veut dire que tous les départements de l'usine, certains plus touchés que d'autres, ne sont pas efficaces à 100%. Aucune entrée du bâtiment n'est toutefois bloquée par des piquets de grève. Audi n'a pas encore pu évaluer les conséquences de ces actions à long terme.

Par ailleurs, une nonantaine d'entreprises en province de Flandre orientale sont touchées par les mouvements de grève, dont une quarantaine sont totalement à l'arrêt, selon Marc Staelens, le secrétaire régional de la FGTB-Metal flamande, citant notamment Volvo Cars, Volvo Trucks, Tower Automotive, Honda, Bekaert Aalter et Arcelor Mittal. Plusieurs barrages ont été recensés dans la région de Gand, ce qui provoque de gros embarras de circulation.

La grogne aussi dans les secteurs de l’alimentation et des services

Des employés de la CSC Alimentation et Services ont, pour marquer leur désaccord avec la politique fédérale en matière de pensions et pour le pouvoir d'achat, décoré la place du Luxembourg, dans le quartier européen à Bruxelles, de ballons verts, ce vendredi.

Des travailleurs des secteurs de la surveillance, du nettoyage, de l'horeca et des chèques repas se sont rassemblés pour un "piquet" commun devant le parlement européen, avec des banderoles demandant "respect", "pouvoir d'achat", et l'abandon de la hausse de l'âge de la pension à 67 ans.

"En premier lieu, c'est le pouvoir d'achat qui nous inquiète. Les gens disent, aujourd'hui, que vers le 16 c'est déjà 'la fin du mois'. Quant aux pensions, nous avons une demande en trois points. Nous voulons pouvoir être en emploi de fin de carrière à 55 ans, en prépension à 60 ans et en pension à 65. Tout ce que le gouvernement a supprimé, nous voulons le récupérer", explique Nic Görtz, de la CSC Alimentation et Services. Selon celui-ci, "il y a deux solutions" : "la mobilisation des travailleurs. On voit bien avec les gilets jaunes que quelque chose se passe et nous devons suivre cela. Et voter différemment lors des élections de mai".

Collectes de déchets perturbées

Les collectes de déchets sont perturbées à des degrés divers en Wallonie et à Bruxelles. Dans la capitale, "les collectes sont en grande partie assurées, mais il y a un piquet de grève devant l'usine d'incinération, ce qui empêche les camions de décharger leurs déchets et hypothèque les prochaines tournées", indique le porte-parole de Bruxelles Propreté, Etienne Cornesse.

Si tous les sacs jaunes ont été ramassés, "nous cherchons encore une solution pour les sacs blancs", ajoute-t-il. Le problème se pose également à Liège. "Le service de collecte est assuré normalement, mais le centre de traitement des déchets est fermé, les camions ne pourront donc pas décharger leur contenu", affirme le porte-parole d'Intradel, Jean-Jacques De Paoli. Les prochaines collectes seront reportées aux dates suivantes.