De nombreux hommes politiques saluent la mémoire du "père de la loi contre le racisme"

Les réactions et messages de condoléances ont afflué ce samedi à la suite de l'annonce du décès à l'âge de 79 ans de l'ancien ministre et bourgmestre socialiste de Molenbeek Philippe Moureaux (PS).

"Nous avons souvent croisé le fer avec Philippe Moureaux sur le terrain politique. Il était un homme de convictions profondes. Retenons notamment la loi contre le racisme et la xénophobie qui favorise le vivre ensemble. Mes sincères condoléances à la famille et aux proches", a réagi le Premier ministre Charles Michel (MR).

"Au-delà des divergences qui l'ont opposé aux libéraux tout au long de sa carrière", le ministre des Affaires étrangères et de la Défense Didier Reynders salue la mémoire de Philippe Moureaux, "qui a marqué les dernières décennies de notre vie politique. Je présente à sa famille, à ses amis, à ses proches mes sincères condoléances".

Le député européen et ancien ministre des Affaires étrangères Louis Michel (MR) a rendu hommage au ministre d'Etat Philippe Moureaux et à son "intelligence brillante".

Le président du parti socialiste Elio Di Rupo a appris avec "une profonde tristesse" le décès du ministre d'Etat Philippe Moureaux, "une grande figure du socialisme belge", indique-t-il dans un communiqué. "Philippe a toujours accordé une attention soutenue aux plus fragiles et aux plus vulnérables de notre société", ajoute Elio Di Rupo. "Professeur d'université, il avait cette capacité à allier réflexion intellectuelle de haut vol et action sur le terrain pour améliorer le sort des plus fragiles." 

Du côté flamand, le président du CD&V Wouter Beke s’est exprimé sur Twitter : "Nous avons bien bataillé. Au sein du Sénat mais surtout dans le cadre de la 6e réforme de l'Etat. Souvent de grandes différences de vision, mais c'était quelqu'un qui osait la discussion et respectait les accords passés. Respect."

"Il eut une remarquable carrière politique en tant que ministre et bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean. On se souviendra de lui comme de l'initiateur de la loi sur l'antiracisme", poursuit le vice-Premier ministre Kris Peeters (CD&V).

"Condoléances à la famille et aux amis de Philippe Moureaux. Il a joué un rôle important dans la politique belge et y a clairement laissé sa marque en tant que père de la loi antiraciste" écrit de son côté le président du SP.A John Crombez.

Via Twitter, Groen quialifie Philippe Moureaux de "grand symbole qui a contribué à façonner la politique au cours des dernières décennies".
Le politologue Dave Sinardet évoque la loi antiraciste, mais aussi le fait que Moureaux ait été impliqué dans cinq des six réformes de l'Etat et a ainsi contribué à façonner la région de Bruxelles.

Johan Leman, l’ancien directeur du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme (aujourd'hui Unia), connaissait bien Philippe Moureaux à Molenbeek. Avant de rejoindre le Centre, Johan Leman a dirigé l'asbl Foyer à Molenbeek. Il revient sur les critiques que Philippe Moureaux a reçues après les attentats de Paris et de Bruxelles. "Au Foyer, nous avons toujours fait l l'analyse selon laquelle cela n'était pas dû à la politique d'une seule personne, mais cela résultait de dysfonctionnements européens, belges et bruxellois, de dysfonctionnements entre sécurité, justice et police (pas seulement en Belgique), liés aussi à la situation géopolitique de Bruxelles.