"Charles Michel vient de claquer la porte des négociations avec la N-VA"

"Je ne me laisserai pas intimider par le chantage de la N-VA à propos du vote du budget", a affirmé lundi Charles Michel. "La N-VA conditionne son vote soit à l'acceptation d'élections anticipées et donc à une longue période d'immobilisme, soit à la fuite en avant confédérale. Dans les deux cas, ses conditions sont inacceptables", a-t-il encore affirmé. Le chef de groupe N-VA à la Chambre, Peter De Roover s’est dit étonné de la réaction du Premier ministre. "Nous n’avons avancé aucune nouvelle exigence", a-t-il fait savoir. Aux yeux du journaliste politique de la VRT, Johny Vansevenant, Charles Michel vient de fermer la porte à d’éventuelles négociations supplémentaires avec les nationalistes flamands.

"Le budget a été approuvé en commission et soutenu par le ministre des Finances" en fonction au moment des discussions - le N-VA Johan Van Overtveldt -, a rappelé Charles, ajoutant "qu'aucun euro n'a changé" par rapport au projet. "La N-VA conditionne son vote soit à l'acceptation d'élections anticipées et donc à une longue période d'immobilisme, soit à la fuite en avant confédérale. Dans les deux cas, ses conditions sont inacceptables", a encore affirmé le Premier ministre.

"Le gouvernement poursuit le travail afin de garantir les intérêts des citoyens, plus spécifiquement sur le pouvoir d'achat, la sécurité et les enjeux climatiques", a-t-il conclu.

A son arrivée au comité ministériel restreint, le vice-premier ministre CD&V Kris Peeters s'est également dit courroucé par les exigences que la N-VA a entre-temps fait connaître dans les médias. "Si la N-VA demande des élections anticipées, qu'elle le dise clairement, mais alors elle aura besoin du PS", a précisé M. Peeters même si la convocation d'élections anticipées appartiendrait au gouvernement minoritaire.

Exigences de la N-VA

La N-VA a posé plusieurs conditions sur la table des négociations. Elle exige du gouvernement Michel II que la Constitution puisse être révisée lors de la prochaine législature pour dégager la voie vers le confédéralisme, que la trajectoire budgétaire soit confortée jusque 2019, les adaptations éventuelles ne pouvant consister en de nouvelle recettes (une manière d'éviter des cadeaux pré-électoraux), que le jobsdeal soit réalisé moyennant l'ajout du projet qu'était censé préparer le ministre de l'Emploi Kris Peeters pour accroître la dégressivité des allocations de chômage, et qu'il soit tenu compte des exigences nationalistes sur le pacte de l'Onu sur les migrations, même si la N-VA ne réitère pas sa demande d'une abstention à New York.

Charles Michel a informé lundi après-midi le comité ministériel restreint des contacts qu'il a eus durant le week-end pour sortir de l'impasse politique. Le Premier ministre a eu un contact durant le week-end avec la N-VA. Il n'a plus eu de contact ce week-end avec les socialistes, les écologistes, le CDH ou DéFI.

Une porte fermée?

D’après le journaliste politique de la VRT, Johny Vansevenant, Charles Michel vient ni plus ni moins de claquer la porte. "Cela signifie qu’il ne négociera plus avec la N-VA", explique-t-il. "Du côté des partis du gouvernement minoritaire, on entend dire que les conditions de la N-VA sont très lourdes à tenir".

Peter De Roover étonné

Le chef de groupe N-VA à la Chambre s’est dit étonné des mots durs lancés par le Premier ministre à propos des conditions de la N-VA pour soutenir le gouvernement Michel II. "C’est très étrange. Les questions que nous avons posées sont tout simplement l’exécution des points convenus au sein de l’ancienne majorité suédoise. Lorsque l’on qualifie cela de chantage, on ne met pas uniquement un terme à Michel I en tant que gouvernement, mais on stoppe apparemment formellement le projet de la Suédoise", a-t-il indiqué.

"Il y a eu des discussions durant le week-end, et nous avons indiqué que nous n’allions pas imposer de nouvelles exigences. Nous voulons uniquement que les accords de la Suédoise soient respectés", ajoute-t-il. "Cette porte est à présent claquée. "Cela signifie que le Premier ministre – vu que je suppose qu’il ne dirigera pas avec un tiers du parlement – va soit chercher une coalition à gauche, avec le PS, soit jette l’éponge. Ce sont les deux seules possibilités qui subsistent", conclut le nationaliste flamand.