Charles Michel a présenté la démission de son gouvernement au Roi

Après avoir reçu le Premier ministre Charles Michel venu lui présenter la démission du gouvernement au Château de Laeken, mardi soir le Roi a annoncé qu'il tenait sa décision en suspens. Le chef du gouvernement a appelé dans l'après-midi le parlement à constituer une "coalition de bonne volonté" afin de poursuivre le travail politique jusqu'aux élections du 26 mai.  Mais les socialistes s'apprêtaient à annoncer le dépôt d'une motion de méfiance, cosignée par les Verts. Charles Michel a alors annoncé qu'il se rendait chez le roi pour présenter la démission de son gouvernement.

Le Premier ministre Charles Michel a annoncé mardi à la Chambre qu'il se rendrait chez le Roi pour présenter la démission de son gouvernement. Il constate que son appel n'a pas été entendu. La séance est suspendue.

Le chef du gouvernement a appelé dans l'après-midi le parlement à constituer une "coalition de bonne volonté" afin de poursuivre le travail politique jusqu'aux élections du 26 mai. Il a proposé une "feuille de route" reposant sur trois chantiers: le pouvoir d'achat, la sécurité et le climat.

Si le Premier ministre a fait des ouvertures sur certains sujets, les engagements ont semblé beaucoup trop vagues à l'opposition. Les socialistes s'apprêtaient à annoncer le dépôt d'une motion de méfiance, cosignée par les Verts, afin de donner 48 heures à M. Michel pour préciser ses intentions. Ils n'en ont toutefois pas eu le temps. A la reprise de la séance plénière, peu avant 20h, le Premier ministre a demandé la parole et annoncé qu'il se rendait chez le Roi pour lui présenter la démission de son gouvernement.

"J'ai exprimé cet appel avec une profonde sincérité et une profonde conviction dans l'intérêt des citoyens. Je constate que cet appel n'a pas convaincu, n'a pas été entendu, à ce stade en tout cas", a-t-il déclaré.

L'appel du Premier ministre faisait également grincer des dents dans la coalition orange-bleu. La présidente de l'Open VLD Gwendolyn Rutten a rappelé sur twitter le souci des libéraux d'achever le travail entrepris par l'ex-majorité suédoise, notamment à propos du budget et du jobsdeal.
 

"La main tendue au parlement a été refusée"

Le vice-premier ministre CD&V Kris Peeters a dit espérer que le gouvernement sera en mesure de traiter un certain nombre de dossiers importants en affaires courantes, comme le Brexit et l'accord interprofessionnel. Le CD&V ne craint pas des élections anticipées, si elles sont organisées, a ajouté Kris Peeters dans les couloirs de la Chambre après que le Premier ministre Charles Michel a présenté la démission de son gouvernement au Roi.

La situation est "très grave", selon Kris Peeters. Les chances sont grandes que le Brexit n'aboutisse pas sur un accord et cela aurait des conséquences majeures pour notre pays, selon lui. Mais il évoque également les négociations sur l'accord interprofessionnel. "La question est de savoir ce qui peut encore être fait si on se retrouve en affaires courantes."

"Ou bien nous aboutirons à des élections anticipées, ou bien nous serons en affaires courantes", explique M. Peeters. "Je ne crains pas des élections anticipées, mais nous devons examiner dans le calme ce qui est dans l'intérêt des citoyens et des entreprises", souligne-t-il.

Le président du CD&V a également réagi sur Twitter: "le Premier se rend chez le Roi. La main tendue au parlement a été refusée. Espérons que certaines personnes réfléchiront pendant ces sombres jours de Noël. Personne n'en sort gagnant."

Le gouvernement avait décidé de ne pas poursuivre en cas de motion de méfiance

Selon la présidente de l'Open VLD Gwendolyn Rutten, il avait été convenu avec les partenaires du gouvernement minoritaire de ne pas poursuivre l'aventure si une motion de méfiance était annoncée. "Le PS et le SP.A ont déposé cette motion, un signe que vous ne voulez plus discuter", a-t-elle dit.

Mme Rutten a loué l'action du Premier ministre "parce qu'il a essayé jusqu'au dernier moment de maintenir son gouvernement sur pied".

La présidente de l'Open VLD avait envoyé un tweet disant l'attachement des libéraux flamands au budget et au jobsdeal que le Premier ministre venait de soumettre à la concertation parlementaire. L'opposition de centre-gauche y a vu une forme de brouillard jeté sur l'ouverture du Premier ministre. "Il n'a jamais été question de former un nouveau gouvernement", a réagi Gwendolyn Rutten.

La présidente de l'Open VLD a répété mardi soir qu'elle tenait au budget. Selon elle, il y avait un accord au sein du gouvernement pour le faire voter, et ne recourir aux douzièmes provisoires qu'après avoir constaté qu'il n'y avait, le cas échéant, pas de majorité pour le soutenir.

La présidente de l'Open VLD regrette que l'agenda socio-économique du gouvernement Michel n'a pas pu être achevé. Elle en veut à la N-VA d'avoir poussé à des élections anticipées. "Lorsque vous mettez le confédéralisme sur la table, vous savez que le MR et l'Open VLD ne peuvent pas suivre".

La patronne des libéraux flamands s'attend à ce que le Roi organise des consultations dans les prochains jours.