La section locale du SP.A donne son feu vert à l'accord de majorité à Anvers malgré des critiques internes

Le section locale du SP.A a finalement approuvé à une large majorité, en début d’après-midi ce samedi, l’accord de la mandature communale conclu vendredi avec la N-VA et l’Open VLD pour diriger la métropole. Mais l’ambiance était tendue au sein de la section anversoise du SP.A.

La section anversoise de l’Open VLD avait déjà donné son feu vert à une large majorité. L’Open VLD estime que 92 % de son programme électoral se retrouve dans l'accord de majorité : des accents sont mis sur la défense des commerçants, des "stadsmariniers" des superfonctionnaires de la Sécurité comme cela existe à Rotterdam aux Pays-Bas seront engagés. "Un accord avec de grandes inspirations libérales" comme la écrit sur Twitter Philippe De Backer.

En ce qui concerne la N-VA, le Président Bart De Wever avait déclaré vendredi que le ton et l'attitude de cette coalition étaient positifs. "On a créé de la confiance", a-t-il ajouté et il espéraitque cette confiance soit transférée à la réunion de la section anversoise de son parti. Ce qui a finalement été fait samedi après-midi.

A la section anversoise du SP.A l'ambiance était beaucoup plus tendue. 350 membres étaient réunis depuis 9h30 ce samedi matin, mais les avis étaient partagés.

On s'en est rendu compte vendredi déjà, lorsque Güler Turan, une voix importante au sein du SP.A d'Anvers, a appelé à voter contre l’accord de majorité estimant qu’il était "trop répressif et pas assez progressif". Des critiques ont également été exprimées lors de la réunion de ce samedi matin. Ainsi, l'ancien bourgmestre d’Anvers Bob Cools avait plaidé en faveur de l'abstention, à moins que l'accord ne soit clarifié.

Cela semblait donc aller dans tous les sens, mais vers 14 h 30 on apprenait que les membres du SP.A avaient finalement donné leur feu vert. Plus précisément, par 196 voix pour, 78 contre et 4 abstentions.

Ce feu vert des socialistes ne signifie toutefois peut-être pas la fin de l'histoire. Trois des six élus au conseil communal -à savoir Güler Turan (photo du haut), Karim Bachar et Hicham El Mzairh - ont en effet voté contre l'accord de coalition. Ils ne pouvaient garantir samedi avec certitude leur soutien à la mise en oeuvre du nouveau programme de majorité. De nouvelles consultations en interne sont déjà prévues.

Anvers baptise son accord "La Grande Convergence" pour une ville durable et proche

Le bourgmestre d'Anvers Bart De Wever et les chefs de file de la nouvelle majorité locale ont présenté vendredi à la presse leur nouvel accord de la mandature communale qui s'ouvre, baptisé "La Grande Convergence" (De Grote Verbinding), en référence aux convergences qui s'annoncent en termes de mobilité, avec la liaison Oosterweel de désengorgement de la métropole, de sécurité, de lien social, d'enseignement et de gestion administrative.

L'équipe N-VA, Open VLD, SP.A s'engage pour une politique de ville durable et de proximité. Les nouveaux échevins ne sont pas encore connus. Ils ne seront désignés qu'après la validation de l'accord par les congrès des partis de la nouvelle majorité.

L'arrivée des socialistes dans la nouvelle majorité amène l'introduction de tests de situation pour mettre au jour les cas de discrimination, la construction ou la rénovation de 5.000 logements sociaux, et l'obligation d'attestations de conformité en cas de mise en location d'un logement, en débutant par les quartiers où la situation est la plus précaire. Le centre-ville sera interdit au maximum à la voiture, notamment via une offre dynamique de parkings pour les visiteurs, et la réservation du stationnement en rue aux seuls riverains, services de secours et visiteurs fonctionnels. Des mesures seront prises en vue de la construction d'un pont cyclable au-dessus de l'Escaut.

Des "stadsmariniers" (superfonctionnaires de la Sécurité) seront engagés, avec des compétences accrues dans les quartiers, le réseau de caméras de surveillance sera étendu, y compris en recourant aux drones. Des mesures seront prises en matière d'infrastructures pour garantir la sécurité routière.

Des monuments seront rénovés. Enfin, les normes de basse émission seront renforcées et la piste d'un "taxshift écologiste" pour le port sera étudiée.
Six ans après avoir chassé les socialistes de la métropole - où ils étaient au pouvoir depuis 90 ans- , le président des nationalistes flamands conclut une alliance avec eux, malgré une campagne électorale marquée par de fortes tensions entre les deux partis.

"Nous avions un but commun, en l'occurrence l'inclusion, et nos divergence portaient seulement sur la façon d'y arriver", a-t-il expliqué. Selon lui, cette coalition sera une opportunité pour "entretenir une autre conversation avec tous les habitants d'Anvers".

"Nous allons mener une gestion cohérente et stable et nous exécuterons loyalement ce qui se trouve dans l'accord. J'ai appris à connaître personnellement les différents négociateurs. Le respect et la confiance mutuels se sont développés au fur et à mesure", a-t-il ajouté.

Ces dernières semaines, des réticences se sont exprimées chez les socialistes flamands à propos de ces négociations, singulièrement après la crise fédérale et la campagne choc de la N-VA contre le Pacte des Nations unies sur la migration. La cheffe de file SP.A à Anvers, Jinnih Beels, se sent toutefois sereine avant le congrès de la section locale du SP.A qui doit avaliser l'accord.

"J'espère que nos membres verront que nous avons imprimé notre marque dans cet accord. Ce furent des négocations longues et difficiles mais nous avons trouvé un terrain commun pour rendre la ville plus juste, plus sociale et plus durable", a-t-elle dit.