L’urbanisation se poursuit toujours en Flandre malgré le "stop au béton"

La Flandre voit disparaître chaque jour deux hectares d'espaces ouverts de plus qu’en 2015 et ce malgré le "stop au béton" annoncé pour 2040 par le gouvernement flamand.

D’après ce "stop au béton", plus aucun espace ouvert ne devrait plus être sacrifié en Flandre d’ici 2040 pour faire place à des constructions. Mais aujourd’hui il semble pourtant que l’urbanisation galopante se poursuit de plus belle.

Alors qu’en 2015, chaque jour, 5 hectares d’espaces ouverts disparaissaient, l’an dernier c’étaient 7 hectares par jour. L’information a été révélée par des chercheurs des universités d’Anvers et de Gand dans une carte blanche publiée dans De Standaard.

En réalité ce "stop au béton" n’a eu qu’un effet d’annonce et n’est un objectif à long terme. "Aucune mesure concrète n’y est liée" estime Guy Vloebergh de l'Université d'Anvers. "Au contraire, les mesures prises récemment par le gouvernement flamand vont à l'encontre d'un certain nombre de principes du "stop au béton".

Selon Guy Vloebergh, diverses mesures ont été prises ces dernières années pour assouplir la réglementation en matière d'aménagement du territoire. Les critères de construction le long de ce que l'on appelle une "route aménagée" ont été assouplis, ce qui a entraîné la création d'un grand nombre de terrains à bâtir dans des espaces ouverts. Les règles concernant les zones d'expansion résidentielle se sont également assouplies. Les modifications de la fonction des bâtiments dans les espaces ouverts sont également facilement autorisées, créant une dynamique dans des endroits où cela n'est pas souhaitable. Comme par exemple une ferme qui se transforme en entreprise horeca.

Effet contraire

"Si vous ne mettez pas fin aux exceptions en matière d’aménagement du territoire, qui réduisent les espaces ouverts vous obtenez l’effet contraire", estime Guy Vloebergh. "Les gens commencent à penser : oh nous n’allons bientôt plus être autorisés à faire ce que nous voulons, donc nous allons vite diviser notre terrain en parcelles. Nous pensons que c’est ce qui se passe actuellement".

Les chercheurs des universités d'Anvers etd e Gand doutent qu'il s'agisse d'un effet temporaire. "La quantité de terrains à bâtir dans l'espace ouvert est important, ajoute Guy Vloebergh. "Les gens commencent à construire là où c'est le plus facile, là où il y a le moins de résistance et où il y a le moins de règles".