Nos PME sont plus saines mais redoutent une pénurie de main-d’œuvre

Les petites et moyennes entreprises en Belgique sont toujours plus nombreuses et leur santé financière s'est sensiblement améliorée ces dernières années. C’est ce qui ressort d'un rapport annuel réalisé par le spécialiste des informations marketing Graydon, en collaboration avec l'Union des classes moyennes (UCM) et son pendant flamand l’Unizo. Une ombre au tableau cependant: la pénurie de main-d'œuvre, en Flandre mais aussi en Wallonie, joue sur les salaires qui en retour pèsent sur la rentabilité des PME.

D‘après le rapport de Graydon - qui se base sur les chiffres disponibles les plus récents (2017) -, on dénombre en Belgique un record de 1,135 million de PME (jusqu'à 49 travailleurs), dont 51,1% sont en réalité des sociétés et le solde des personnes physiques. Le nombre de PME en Belgique a ainsi augmenté de plus de 23% entre 2008 et 2017.

Leur santé financière n'a cessé de s'améliorer depuis 2013, comme le montrent leur degré d'endettement et leur niveau de liquidité. Toutefois, en 2017, leur productivité (valeur ajoutée créée par rapport au coût salarial) a stagné pour la première fois depuis 2013, de même que la rentabilité nette de leurs fonds propres.

Pour l'UCM et l'Unizo, c’est dû à la pénurie de main-d'œuvre, qui "exerce une pression" sur les salaires de certains profils et ronge dès lors la rentabilité. Face à ce constat, l'UCM demande notamment que les différents gouvernements continuent à lutter contre cette pénurie de main-d'œuvre et que les mécanismes d'évolution barémique des salaires soient adaptés dans un contexte de vieillissement de la population.

L'Union des classes moyennes est aussi demandeuse d'une évaluation de la réforme de l'impôt des sociétés -qui n'a pas encore pu se matérialiser dans les résultats financiers 2017- "pour vérifier son impact positif" sur la rentabilité des PME.

Du côté de l'Unizo, on n'hésite pas à qualifier la pénurie de main-d'œuvre de "problème gigantesque" pour les PME flamandes.

Les travailleurs freelance font augmenter les chiffres

Eric Van den Broele de Graydon souligne que l’augmentation du nombre de PME en Belgique est due partiellement au nombre croissant d’entrepreneurs qui travaillent seuls. Alors qu’en 2008 quelque 84% des PME flamandes n’avaient pas de personnel, en 2017 le pourcentage de petites entreprises composées d’un seul homme ou d’une seule femme est pratiquement passé à 88%. Ce qui veut dire que près de 90% des PME flamandes n’emploient pas de personnel.

"Cette tendance s’explique en grande partie par l’augmentation du nombre de travailleurs freelance". Ces derniers acceptent des missions précises, mais ne font pas partie du personnel fixe d’une entreprise. "Un nombre croissant de personnes préfèrent travailler de façon autonome et flexible dans leur domaine.

Le marché pour ces freelances croit en raison du manque de main-d’œuvre qualifiée. Les chefs de PME doivent s’adresser à des freelances parce qu’ils ne trouvent pas de personnel qualifié à engager", précise Van den Broele, senior manager Recherche et développement chez Graydon.

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