Nicolas Maeterlinck

Joost Arents exclu de la N-VA à cause de son soutien à la coalition de Ninove

La section locale de la N-VA a confirmé jeudi soir avoir exclu Joost Arents (photo, au centre) du parti à la suite du soutien qu’il a apporté - de sa propre initiative - à la coalition formée à Ninove avec l'Open VLD et Samen (qui regroupe CD&V, SP.A et Groen), contre le parti Forza Ninove qui avait obtenu 40% des voix aux communales. "Je vais siéger en tant qu'indépendant", a indiqué Joost Arents, qui accepte la décision de la N-VA.

Arents avait déclaré jeudi après-midi qu'il espérait encore pouvoir rester au sein de son parti et "rassembler" comme se targue de le faire à Anvers Bart De Wever, le président du parti N-VA. "En moi-même, je reste toujours N-VA. L'alternative était de mettre la ville dans les mains de l'extrême droite", avait observé Joost Arents lors de la présentation de la coalition.

Cependant, la section locale du parti N-VA en a décidé autrement en optant pour son exclusion à l'issue d'une réunion tenue jeudi soir. "Après un long débat, la section locale a voté sur la participation à la coalition ou à l'opposition. La majorité a choisi l'opposition. Le fait que j'ai œuvré seul et n'ai pas choisi le parti a pesé pour beaucoup de membres du parti. C'est le risque que j'ai pris, j'ai choisi la ville en âme et conscience", a commenté Arents.

En s'engageant en tant qu'échevin, Joost Arents est allé à l’encontre de la décision de la section locale N-VA de ne pas collaborer à une coalition à Ninove et devient donc un élu indépendant. "Je ne pars pas fâché (...) c'est dommage, mais je respecte le souhait de la section locale de Ninove et je ne ferai plus partie de la N-VA", a-t-il encore confirmé.

Deux autres membres du parti ont aussi été exclus, a indiqué le président de la section, Johan Soetaert. "Si tous les trois maintiennent leur intention de rejoindre une coalition, ils se retirent de facto du parti", a-t-il signifié.

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Une incapacité de gouverner menaçait à Ninove alors que Forza Ninove, emmené par Guy D'haeseleer (photo archives) siégeant au Parlement flamand dans les rangs du Vlaams Belang, disposait de quinze sièges. La formation d'extrême droite manquait d'à peine deux sièges pour atteindre la majorité absolue. Open VLD a obtenu neuf sièges lors des élections communales et Samen (CD&V, SP.A et Groen) en a obtenu sept.

La bourgmestre actuelle, Tania De Jonge (Open VLD, photo principale, à dr.), avait annoncé il y a deux semaines être en mesure de composer une coalition avec la N-VA et Samen, mais l'appui seul de Joost Arents permet à la nouvelle coalition de disposer de 17 des 33 sièges.

Dries Van Langenhove, le fondateur de l'organisation extrémiste Schild & Vrienden, soutenu par le président de Forza Ninove, a annoncé une "Marche pour Ninove" le 3 janvier lors de la prise de fonction de la nouvelle coalition.

La N-VA assure ne pas avoir voulu soutenir l'extrême-droite

Ce vendredi matin, la N-VA tenait à souligner que sa décision d'opter pour l'opposition et d'exclure Joost Arents n'était nullement une manière de soutenir Forza Ninove, la liste de tendance Vlaams Belang qui a remporté 40% des voix dans la commune de Flandre orientale. 

Le chef de groupe N-VA au parlement flamand, Mathias Diependaele, était présent à la réunion qui a exclu Joost Arents, en tant que coordinateur régional du parti. Interrogé ce vendredi sur Radio 1 (VRT), il a affirmé que cette exclusion n'était que la "conséquence statutaire" de l'opposition de la tête de liste à une décision de sa section locale.

Diependaele a répété que le choix de la N-VA pour une cure d'opposition visait à "respecter la volonté de l'électeur" qui avait fait subir une "lourde défaite" aux nationalistes flamands, passés de 5 à 2 sièges. Selon lui, il ne faut pas voir dans ce refus de monter au pouvoir avec l'Open VLD et Samen une forme de soutien à Forza Ninove. "Nous n'avions pas confiance dans le projet de M. D'haeseleer", a rappelé Mathias Diependaele (photo).