Le City Pass est boudé à Anvers et Gand

L’abonnement urbain qui permet depuis un an de voyager avec les transports en commun de la société De Lijn et avec les trains de la SNCB à Anvers et Gand se vend à peine. Le 5 novembre dernier, seuls 538 exemplaires de cet abonnement avaient été vendus. Ce qui ne permet même pas de couvrir les coûts de la promotion de cette nouveauté. En cause, notamment, le prix trop élevé et le manque de flexibilité du City Pass.

Pour 60 euros par mois, l’abonnement permet de voyager avec les trains de la SNCB et les bus, trams et métros de la société flamande De Lijn dans les villes d’Anvers et de Gand (Flandre orientale). Les usagers qui ont moins de 24 ans ne paient que 49 euros par mois. Il existe aussi un abonnement annuel City Pass, qui coûte environ 450 euros.

Mais un an après son introduction, il semble que cet abonnement ne parvient pas à convaincre les usagers des transports en commun. Seuls 538 d’entre eux ont acheté un abonnement au cours des 12 mois écoulés. A Anvers, il s’est vendu à 459 exemplaires (soit 384 abonnements mensuels et 75 annuels), à Gand seulement à 79 exemplaires (67 abonnements mensuels et 12 annuels).

Les frais de promotion du nouvel abonnement ne sont ainsi même pas couverts par la vente. La campagne avait en effet coûté quelque 35.000 euros, alors que les ventes ont permis de faire rentrer 33.000 euros dans les caisses.

Le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot, l'échevin anversois de la Mobilité, Koen Kennis, et le ministre flamand de la Mobilité, Ben Weyts, lors du lancement du City Pass

Trop cher et peu flexible

Quelles sont les raisons de ce flop ? Le prix élevé de l’abonnement, notamment, car un Omnipas qui permet de prendre tram et bus sans limite ne coûte que 48 euros par mois. D’autre part, on ne peut circuler avec le City Pass qu’entre un nombre limité de gares à Gand ou à Anvers. Les communications de la SNCB entre les deux villes flamandes ne sont pas incluses dans l’abonnement urbain.

"Le City Pass est probablement trop cher", estime Filip Watteeuw (Groen), échevin de la Mobilité à Gand. Il le compare aussi à l’Omnipas. L’échevin anversois de la Mobilité, Koen Kennis (N-VA), propose d’agrandir le périmètre dans lequel cet abonnement peut être utilisé. "Je pense notamment aux alentours d’Anvers, c’est-à-dire aux 33 communes autour d’Anvers. Cela devrait accroître le succès du City Pass".

Le député flamand Björn Rzoska (Groen), qui a soulevé le problème, estime que le City Pass ne devrait pouvoir être utilisé que pour les bus et trams urbains. "Actuellement, vous payez pour les bus et trams dans toute la Flandre, alors que le pass est surtout utilisé pour le transport local du domicile vers le travail, et retour. Il faudrait limiter cela, afin de pouvoir aussi baisser le prix de l’abonnement".

Rzoska soutient cependant le concept du pass urbain, qui s’est révélé être un succès dans une ville comme Vienne, en Autriche.

Pas encore assez connu ?

Le ministre flamand de la Mobilité, Ben Weyts (photo ci-dessus, à dr.), estime que la formule doit encore gagner en notoriété. L’abonnement sera bientôt vendu via un éventail plus large de canaux et il y aura un City Pass qui n’est valable que 24 heures.

La porte-parole de la société De Lijn, Sonja Loos, ne veut pas tirer de conclusion hâtive. "Chaque produit a besoin de temps pour se faire une place. Les gens doivent en faire la connaissance. Nous allons maintenant faire une évaluation du produit".

Les chemins de fer belges ne songent, eux, pas à supprimer cet abonnement. "Ce produit répond au noyau de l’intermodalité. Mais il faut convaincre les gens, et cela prend du temps", estime Bart Crols de la SNCB.

Les deux sociétés de transport veulent faire ensemble davantage de promotion pour le City Pass. "Les efforts seront accrus", indique Bart Crols. L’abonnement sera ainsi accessible dans davantage de points de vente.

Nicolas Maeterlinck