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Didier Reynders s’inquiète du déroulement des élections en République démocratique du Congo

Le ministre belge des Affaires étrangères et de la Défense, Didier Reynders, s'est réjoui dimanche de la tenue des élections présidentielle, législatives et provinciales - plusieurs fois reportées - en République démocratique du Congo (RDC), tout en s'inquiétant du déroulement de ces scrutins caractérisés, selon des observateurs sur place, par de nombreuses irrégularités.

"L'élément positif, c'est que ces élections ont lieu", a-t-il affirmé à l'agence Belga en rappelant combien la population congolaise attendait ces scrutins, au départ prévus en 2016, avant d'être reportés à 2017, puis du 23 au 30 décembre 2018, à l'exception de quatre circonscriptions en crise, où ils ont été reportés à mars prochain.

Ces élections au déroulement apparemment chaotique sont "sous la responsabilité entière des autorités congolaises", a souligné le chef de la diplomatie belge, en faisant allusion au fait que le gouvernement de Kinshasa a refusé toute aide extérieure pour l'organisation des scrutins, dont une présidentielle censée désigner le successeur du président Joseph Kabila, au pouvoir depuis janvier 2001.

Didier Reynders a rappelé qu'il convenait maintenant aux Congolais eux-mêmes de déterminer si ces élections peuvent être considérées comme "correctes" et "crédibles". Il a insisté sur l'importance de l'observation électorale menée par l'Eglise catholique.

La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a prévu de déployer 1.026 observateurs à long terme et 40.000 observateurs à court terme sur l'ensemble de l'immense territoire de la RDC, en l'absence d'observateurs européens et américains, refusés par le régime de Kinshasa.

Pas de résultats provisoires avant samedi

A défaut des résultats encore disponibles, les deux principaux candidats de l'opposition ont déjà contesté dimanche soir le déroulement des opérations de vote dans le plus grand pays d'Afrique sub-saharienne.

Quatre personnes ont été tuées dans le Sud-Kivu où un agent électoral a voulu bourrer les urnes en faveur du dauphin de M. Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary, a accusé un proche du candidat de l'opposition Félix Tshisekedi. Pas n'importe quel proche: Vital Kamerhe, ex-président de l'Assemblée nationale, ex-candidat en 2011, et homme fort du Sud-Kivu. "Le peuple va assumer son choix", a prévenu M. Kamerhe, qui deviendrait Premier ministre en cas de victoire de Félix Tshisekedi.

L'autre candidat de l'opposition, Martin Fayulu, a dénoncé "de nombreuses et graves irrégularités" dans le déroulement des opérations de vote. M. Fayulu affirme par exemple que ses observateurs "ont été chassés de plusieurs bureaux de vote". Sans revendiquer la victoire, M. Fayulu a écarté l'hypothèse de celle du candidat du pouvoir: "Est-ce que quelqu'un de sérieux peut dire que Shadary a gagné l'élection?". "J'ai déjà gagné. Je serai élu, c'est moi le président à partir de ce soir", avait affirmé le même Emmanuel Ramazani Shadary, dès le matin en sortant d'un bureau de vote.

La majorité a envisagé la possibilité de donner ses premières tendances lundi matin. Un sondage a donné cette semaine le dauphin perdant face au candidat d'opposition Martin Fayulu. Les résultats provisoires ne doivent être proclamés que samedi prochain, d'après la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Le compte à rebours a commencé avec le comptage manuel des voix à Kinshasa, à Goma (est), à Lubumbashi (sud-est) à Tshikapa (centre de cet immense pays).

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