FLIP FRANSSEN

L’importation d’électricité depuis l’étranger a atteint un record en 2018

L’an dernier, la Belgique a importé 22% de son électricité de l’étranger. C’est près du triple de l’importation en 2017, indiquent les chiffres provisoires du gestionnaire du réseau à haute tension Elia. Ce sont avant les fréquentes indisponibilités des réacteurs nucléaires de Tihange et Doel qui ont fait exploser l'importation.

D’autre part, la quantité d’énergie éolienne produite au large de la côte belge ne cesse d’augmenter et représente actuellement 1.186 MW.

En 2017, le nucléaire représentait encore la moitié de la production totale d'électricité en Belgique, mais cette part a fondu à 34% - soit 27,3 TWh - en 2018, bien qu'il représente toujours la première source d'approvisionnement.

"La production nucléaire a atteint des niveaux historiquement bas en novembre (1 TWh, soit 15%) et décembre (1,1 TWh, soit 17%)" lorsque seul le réacteur Doel 3 fonctionnait, détaille Elia. La part des importations et des centrales au gaz a donc fortement augmenté.

En novembre, 43% du mix énergétique provenait du gaz (2,9 TWh), soit le plus haut pourcentage jamais enregistré dans le pays. Sur l'année, la part du gaz est de 27%. L'import a lui atteint des sommets en septembre (33%) et en octobre (2,7 TWh).

Sur l'année, 22% de l'électricité (17,4 TWh) est venue de l'étranger, alors qu’en 2017 quelque 6,5 TWh (8%) avaient suffi.

L'année écoulée a été positive pour l’énergie solaire, qui a représenté 4% du mix (3,5 TWh), relève encore Elia. En y ajoutant l'éolien offshore et terrestre, la part de l’énergie renouvelable a atteint 12% (9,8 TWh) l’an dernier, contre 11% (9,3 TWh) en 2017.

Yorick Jansens

L'éolien en mer du Nord a pourtant le vent en poupe

Au 1er janvier, cinq parcs éoliens étaient opérationnels en mer du Nord belge, soit 274 éoliennes représentant une capacité totale de 1.186 MW. L’an dernier, ces parcs (C-Power, Belwind, Northwind, Nobelwind et Rentel) ont produit 3.408 gigawattheures d'électricité, ce qui équivaut à la consommation d'électricité d'environ un million de familles, indiquait vendredi la Belgian Offshore Platform (BOP).

Cette association, regroupant les investisseurs et propriétaires de parcs éoliens en mer du Nord belge, évoque une année 2018 "historique", qui a vu la capacité installée franchir le cap des 1.000 MW, ce qui "place à nouveau la Belgique dans le top cinq mondial de l'éolien en mer".

Plusieurs projets de nouveaux parcs éoliens sont déjà bien avancés puisqu’au cours du second semestre 2019, le projet Norther (capacité de 370 MW) actuellement dans sa dernière phase de construction, commencera à produire de l'électricité. "La capacité de production totale atteindra alors 1.556 MW, et la production d'électricité des parcs éoliens s'élèvera à 4.500 gigawattheures par an. Cela correspond à la consommation d'électricité d'environ 1.300.000 familles", souligne la BOP.

En outre, les parcs Northwester 2 (219 MW) et Seamade (le plus grand parc avec une capacité de 487 MW), dont le financement a été clôturé en décembre 2018, devraient commencer à produire leurs premiers électrons à partir de 2020. D'ici l’an prochain, les huit parcs éoliens auront une capacité totale de 2.262 MW. Leur production annuelle devrait atteindre 8 TWh, soit environ 10% de la demande totale d'électricité en Belgique, ou la moitié de la consommation électrique des ménages.

La BOP souligne l'importance de l'éolien en mer dans la transition énergétique mais aussi pour l'économie belge, puisque l'industrie de l'éolien en mer améliore la balance commerciale et créé de nouveaux emplois: "Jusqu'à 16.000 emplois dans les entreprises belges actives dans ce secteur".

Le parc éolien de Rentel