Les patrons flamands proposent de relever de 100 euros par mois les bas salaires

Le Voka, la Fédération patronale flamande, plaide pour une nouvelle baisse des charges orientée sur les salaires inférieurs à 2.500 euros brut par mois. Elle suggère également de se pencher sur l'indexation automatique et les augmentations barémiques. Le ministre flamand de l’Emploi, Philippe Muyters, se dit "peu positif" à propos de cette proposition.

La Fédération patronale flamande a présenté lundi soir, à l'occasion de sa réception de Nouvel An, son mémorandum en vue des prochaines élections fédérales et régionales. Sous le titre "Osez choisir, osez entreprendre", le Voka a esquissé quatre chantiers prioritaires. Sur le plan des réformes structurelles d'abord. "Le marché du travail, le climat, l'enseignement, la mobilité, la transformation digitale sont autant de domaines où les réformes doivent se poursuivre", explique Wouter De Geest, président du Voka.

Au passage, De Geest lance "un appel chaleureux à l'adresse des partenaires sociaux" pour qu'ils s'impliquent dans cette dynamique. Le Voka souhaite aussi une nouvelle baisse des charges au niveau flamand, ciblée sur les bas salaires. Concrètement, il est proposé d'augmenter de 100 euros net les salaires inférieurs à 2.500 euros brut. Le tout sans augmenter le coût salarial brut pour l'employeur.

Wouter De Geest y ajoute une suggestion: "Le coût salarial doit rester sous contrôle. Si une nouvelle baisse des charges n'est pas envisageable, il faudrait à tout le moins se pencher sur l'indexation automatique et les augmentations barémiques."

Les patrons flamands plaident en outre pour une augmentation de 2,4 milliards d'euros de l'investissement public en Flandre, en plus de ce qui est déjà prévu dans le pacte d'investissement fédéral et d’autres initiatives. Cette enveloppe devrait être répartie comme suit: 500 millions pour l'innovation, 500 millions pour la mobilité, 100 millions pour l'enseignement et 1,3 milliard pour le bien-être (dont l'aide aux personnes âgées).

Enfin, Voka recommande d'intervenir sur les dépenses pour ramener le budget à l'équilibre. Il faudrait ainsi réduire de 6% les dépenses primaires, tant au niveau flamand que fédéral. La Voka ne précise pas comment atteindre cet objectif, si ce n'est "en étant plus efficace" au niveau de la dépense publique et de l'appareil étatique. Autre piste: accélérer les fusions de communes et de zones de police.  

Philippe Muyters n’est pas enthousiaste

Selon ses propos dires dans l’émission "De ochtend" de la VRT ce mardi, le ministre flamand du Travail (photo archives) ne se montre "pas très positif" face à la proposition de la Voka. Il estime que le gouvernement flamand doit plutôt investir pour proposer des formations, et pour la recherche et le développement, que de donner 100 euros nets supplémentaires par mois aux bas salaires qui gagnent moins de 2.500 euros bruts mensuels.

"Il est bon que les gens conservent davantage de leur salaire, mais cela se passe déjà au niveau fédéral, grâce au taxshift". Philippe Muyters estime qu’il faut surtout investir pour mettre au travail les chômeurs de longue durée.

Les mesures proposées par Voka coûteraient 500 millions d’euros, mais le ministre ne sait pas comment son gouvernement pourrait trouver rapidement cette somme. "Et ce n’est pas la mesure qui permettrait de remplir rapidement les places restées vacantes".