Philippe Muyters (N-VA) brigue le poste de président de l’Agence mondiale anti-dopage

Le ministre flamand des Sports, Philippe Muyters (N-VA) est candidat à la présidence de l’Agence mondiale antidopage (AMA). L’information a été confirmée par son porte-parole. Il ne sera fixé sur sa désignation qu’au mois de juin. L’Agence mondiale anti-dopage a été créée le 10 novembre 1999. Son bureau principal est à Montréal, au Canada.

Philippe Muyters est membre du Conseil d'administration de l'AMA depuis neuf ans et y est apprécié, on lui a demandé de se porter candidat à la présidence. Le poste est toujours occupé par le Britannique Craig Reedie.

Philippe Muyters se dit honoré par cette demande et voit ainsi son travail récompensé. "Mon pragmatisme est apprécié. Entre autres choses, j'ai beaucoup travaillé sur le budget de l'AMA et récemment, j'étais le seul membre européen du groupe de travail sur la bonne gouvernance. Nous y avons procédé à des réformes fondamentales de la structure de l'AMA.

La présidence de l'AMA est un poste non-rémunéré, seul un défraiement est prévu. "Ce n'est pas un emploi à temps plein", ajoute Philippe Muyters. "On m'a dit que j'y consacrerai 25 % de mon temps. Mais c'est quelque chose que j'aime faire et je pense qu'il est important que les athlètes " propres" sachent qu'ils sont protégés et que ceux qui pensent qu'ils doivent tricher ont beaucoup de risques d'être pris".

L'AMA a récemment subi des atteintes considérables à sa réputation en raison de la manière dont elle s'est attaquée au scandale du dopage en Russie. Philippe Muyters souhaite continuer à travailler sur une meilleure structure de l'AMA. "Les ajustements que nous avons déjà approuvés devraient être réalisés. Nous prendrons d'autres mesures et j'aimerais y contribuer".

Pour pouvoir succéder à Craig Reedie, Philippe Muyters doit d'abord devenir le candidat proposé par l'Europe. C'est le Conseil de l'Europe qui tranchera à la fin de ce mois. Il y a deux autres candidats : l'actuelle vice-présidente norvégienne Linda Helleland ou le ministre polonais des Sports Witold Banka. Linda Helleland est connue pour ses prises de postions souvent très dures, y compris contre la Russie. "Nous avons un style différent, répond Muyters. "Je veux unir les deux groupes représentés au sein de l'AMA - la communauté sportive et les autorités. C'est nécessaire pour aller de l'avant ensemble. Je trouve que c'est un honneur mais pas un drame si je ne suis pas désigné, j'y vais et comme tout sportif, je m'y engage totalement".

Ce n'est qu'en juin que le Foundation Board de l'AMA, qui est l'organe décisionnel suprême, désignera le nouveau président.

Philippe Muyters se présente aussi aux élections législatives du 26 mai en Belgique et ne qualifie pas sa candidature à l'AMA comme une fuite. "Je crois que j'ai fait un bon parcours politique. Si je deviens président de l'AMA, je ne pourrai pas combiner cette fonction avec un poste ministériel, mais je pourrais la combiner avec un mandat politique. Je ne suis certainement pas lassé de la politique belge, mais j'attends ce défi avec impatience et je pense être à la hauteur".