Ouverture du procès de Mehdi Nemmouche pour la tuerie du musée juif de Bruxelles

Le procès du Français Mehdi Nemmouche, accusé d'avoir assassiné quatre personnes au Musée juif de Bruxelles en mai 2014, s'est ouvert jeudi matin en sa présence devant la cour d'assises de Bruxelles. Jugé pour "assassinat terroriste" avec un complice présumé, Nacer Bendrer, également français, le jihadiste, depuis peu de retour de Syrie au moment des faits, encourt la réclusion à perpétuité.

L'attentat perpétré au Musée juif avait coûté la vie à quatre personnes: Emanuel et Miriam Riva, un couple de touristes israéliens âgés de 54 et 53 ans, Dominique Sabrier, une bénévole du musée âgée de 66 ans, et Alexandre Strens, un employé du musée âgé de 26 ans.

Ce jeudi matin, Mehdi Nemmouche, âgé de 33 ans, est arrivé dans le box des accusés vêtu d'un pull orange et entouré de deux policiers cagoulés. Il a ensuite décliné son identité. Né à Roubaix, dans le nord de la France, il est "sans profession" et réside "actuellement à la maison d'arrêt de Nivelles" en Belgique, a-t-il précisé.

Ce procès sous haute surveillance policière, au cours duquel plus d'une centaine de témoins seront entendus, doit durer jusqu'au 1er mars. Les deux premiers jours d'audience, jeudi et vendredi, sont consacrés à la lecture de l'acte d'accusation, un document de près de 200 pages. Le premier interrogatoire des accusés est attendu mardi prochain.

Détails sur les faits et l’enquête

Cet après-midi, le procureur fédéral Bernard Michel a entamé la lecture de l'acte, lequel retrace tout d'abord le déroulement des faits de l'attentat, ainsi que l’intégralité de l’enquête, allant des premières constatations sur le lieu des faits à l’enquête de personnalité des accusés.

L’acte reprend notamment  les analyses de caméras de vidéo-survaillance, les déclarations de témoins directs des faits, les circonstances de l'arrestation des accusés, leurs antécédents judiciaires ou encore les expertises psychiatriques de ceux-ci. On y apprend que les images des caméras de vidéo-surveillance révèlent que le tireur a changé d'arme, après une première salve de tirs.

Bras de fer en vue

Si la cour d'assises soutient la thèse de l'accusation, cet attentat antisémite, qui avait ému la communauté internationale, restera comme la première attaque commise sur le sol européen par un combattant djihadiste de retour de Syrie.

Le procès s'annonce comme un bras de fer entre les accusés, qui nient les faits, et les parties civiles, qui jugent "accablantes" les preuves rassemblées.

Selon l'accusation, Nemmouche est l'homme qui, le 24 mai 2014 vers 15h45, a ouvert le feu dans le hall d'entrée du Musée juif, tuant un couple de touristes israéliens, une bénévole française et un jeune employé belge du site. Un quadruple assassinat exécuté en 82 secondes, comme s'il était l'oeuvre d'un tueur professionnel, avec un revolver et une kalachnikov. A l'époque, il était revenu depuis peu de Syrie, où il avait combattu dans les rangs de ce qui allait devenir le groupe Etat islamique.