3.000 élèves néerlandophones brossent les cours pour exiger plus d’action en faveur du climat

De très nombreux écoliers ont répondu présent ce jeudi à l’appel de deux jeunes filles de l’Athénée royal de Mortsel à sécher les cours pour exiger une politique plus ambitieuse en faveur du climat. Au total, environ 3.000 élèves de l’enseignement néerlandophone se sont rassemblés à Bruxelles, un nombre bien plus important que prévu. L’objectif des organisateurs est de réitérer l’action tous les jeudis. Environ 500 élèves se sont également mobilisés à Courtrai.

Cette "grève scolaire" a été lancée à l’initiative de Anuna (17 ans), et de Kyra (19 ans). Les deux jeunes filles se sont inspirées de l’action de Greta Thunberg, une adolescente suédoise de 15 ans, devenue célèbre pour son action hebdomadaire devant le parlement de Stockholm.

Le 5 janvier dernier, Anuna et Kyra avaient publié une vidéo sur la page Facebook "Youth for Climate" dans laquelle elles partagaient avec d’autres jeunes leurs préoccupations concernant l’inaction des responsables politiques pour protéger la planète. "Pourquoi continuer à aller à l’école s’il n’y a pas de futur pour nous ?", se demandent-elles notamment.

Anuna et Kyra ont dès lors appelé tous les élèves qui se sentent concernés par la problématique à sécher les cours tous les jeudis afin de mener une action de protestation. Le premier rendez-vous était donné ce jeudi à Bruxelles.

Plus de monde que prévu

D’après les chiffres de la police, pas moins de 3.000 participants issus de l’enseignement néerlandophone se sont finalement réunis ce jeudi dans la capitale, soit plus qu’escompté.

Initialement, les jeunes s'étaient donné rendez-vous sur le Carrefour de l'Europe, face à la Gare centrale. Leur action devait être statique, mais à mesure que les participants arrivaient, le square s'est avéré trop étroit pour tous les accueillir. Les élèves ont alors décidé de se mettre en marche, d'abord vers la Montagne du parc, puis la rue de la Loi et le parc du Cinquantenaire. La plupart d'entre eux ont encore poussé jusqu'à la rue Belliard où ils ont tenu un sit-in spontané, entraînant la fermeture temporaire des tunnels Loi, Cinquantenaire et Tervuren en direction du centre-ville. L'action s'est ensuite terminée sur la place du Luxembourg, face au Parlement européen.

Un signal fort

Les jeunes, qui s'inquiètent de ne pas être suffisamment entendus sur la question climatique, réclamaient des mesures fortes de la part des responsables politiques. En brossant les cours ce jeudi, ils entendaient envoyer un signal fort et rappeler que leur avenir est en jeu. "Notre seul moyen de faire pression est de ne pas aller en classe, à la manière d'un travailleur qui décide de faire grève", affirme Anuna.

Pour les manifestants, la lutte contre le changement climatique doit être "au coeur des priorités politiques lors de la prochaine législature" et permettre à la Belgique de "jouer un rôle d'avant-plan en la matière sur la scène internationale".

Les deux instigatrices du mouvement invitent les élèves à faire l'école buissonnière chaque semaine, bien qu'elles se distancient de la marche spontanée de ce jeudi pour laquelle les jeunes n'avaient pas reçu l'autorisation de la police. Seul le rassemblement sur le Carrefour de l'Europe était permis.

A Courtrai aussi

Environ 500 élèves de l’école Athena se sont également mobilisés à Courtrai ce jeudi. Ensemble, ils ont quitté leur établissement pour marcher en direction de La Lys, où ils ont rencontré le bourgmestre Vincent Van Quickenborne.