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Des informaticiens marocains pour le marché de l’emploi flamand

L’office flamand de la formation et de l’emploi VDAB, mais aussi l’Union des entreprises flamandes Voka et l’organisation patronale multisectorielle Agoria se tournent vers le Maroc pour embaucher des informaticiens, alors que des milliers d'emplois dans ce secteur ne sont pas pourvus. "La pénurie sur le marché de l'emploi est gigantesque", explique Bert Mons, le directeur du Voka pour la Flandre occidentale, dans les quotidiens De Standaard et Het Nieuwsblad ce lundi.

Pour 900 demandeurs d’emploi dans ce secteur en pénurie, il existe à l’heure actuelle 4.000 places vacantes. Raison pour laquelle le VDAB se tourne vers de la main-d’œuvre qualifiée venant d’au-delà de ses frontières.

Anapec, l'équivalent marocain du VDAB, va sélectionner des étudiants qui correspondent au profil recherché. Avec des fonds alloués par la Commission européenne (1,2 million d’euros) 30 informaticiens marocains viendront en Flandre en un an et demi. Ceux-ci pourront bénéficier en retour de contrats d'emploi d'un an. Ensuite, l'option d'un contrat fixe sera offerte. Ces premiers candidats marocains devraient être employés d'ici six mois.

Les informaticiens marocains qui arriveront en Flandre via ce biais recevront de l’aide pour chercher un logement, qu’ils devront financer eux-mêmes. Leur salaire sera conforme au marché belge.

Travailleurs étrangers 2.0 ?

Pendant des décennies, la migration de travailleurs étrangers a été un dossier très controversé. L’intégration massive de travailleurs étrangers dans les mines et l’industrie belges dans les années 1960 a mené à divers problèmes.

"Dans ce projet, ces problèmes doivent être évités grâce à une série de mesures d’accompagnement, comme des cours de néerlandais et des cours de découverte de la culture flamande et belge, donnés par l’Agence flamande pour la citoyennisation", indique Shaireen Aftab, porte-parole du VDAB, à la VRT.

Les travailleurs marocains sélectionnés pourront ensuite décider s’ils veulent rester ou non en Belgique. En principe, ils pourront faire venir leur famille dans notre pays, à l’instar d’autres migrants qui ont obtenu le droit de séjour en Belgique.

"Un nombre croissant de travailleurs belges prennent leur pension, et leurs places ne sont pas reprises par des plus jeunes. Ce processus durera encore 20 ans. C’est la raison pour laquelle nous devons chercher des mesures structurelles pour résoudre le problème des emplois vacants sur le marché", indique Hans Maertens (photo), administrateur-délégué du Voka.

Migration économique assouplie

Mais le fait que les employeurs flamands aillent à la recherche de collaborateurs en-dehors des frontières de l’Union européenne est une première, indique le VDAB. Le projet pilote repose sur une proposition du gouvernement flamand. Au début de cette année, le ministre flamand de l’Emploi, Philippe Muyters (N-VA), a en effet assoupli les règles à la migration économique en Flandre.

Or le Maroc est un partenaire important de la Coopération belge au développement. Le Voka estime donc que la collaboration entre les partenaires flamands et l’Anapec sera bénéfique pour les deux pays. Le ministre fédéral de la Coopération au développement, Alexandre De Croo (Open VLD), est également favorable à une politique d’immigration plus sélective : laisser entrer moins de migrants peu qualifiés et davantage de migrants plus qualifiés, comme c’est le cas en Australie et au Canada.

"Nous sommes ravis que les instances européennes soutiennent ce projet. Il permettra d’améliorer le niveau de formation au Maroc, et il est avantageux pour notre marché de l’emploi", indique le ministre De Croo. "Notre modèle de migration doit à l’avenir se diriger davantage dans cette direction. Cela nous permettra de mieux intégrer les migrants et d’investir davantage dans la formation dans leurs pays d’origine".

Alexander De Croo réaffirme vouloir donner aux réfugiés reconnus qui séjournent dans notre pays l’opportunité d’utiliser leur diplôme et leur expérience professionnelle.