Le cours de religion catholique sera davantage axé sur la Bible

Le programme d’études pour les cours de religion catholique dans les écoles secondaires néerlandophones du pays vient d’être revu. Pour la première fois depuis 20 ans. A l’avenir, les élèves devront à nouveau maîtriser davantage les principes théoriques du christianisme. Les évêques flamands ont décidé qu’il fallait "revenir à la base ". Du côté francophone du pays, rien de tel n'est prévu, assure le Secrétariat général de l'enseignement catholique en communautés française et germanophone (Segec).

Sacrement de l'eucharistie, parabole de l'enfant prodigue, livre de Job, notamment. L'enseignement catholique en Flandre va davantage se concentrer sur les fondements théoriques du christianisme. Les évêques ont élaboré une sorte de "canon" de 349 principes et symboles catholiques que les élèves du secondaire devront apprendre.

Jusqu'ici, la priorité était donnée à l'interprétation contemporaine des valeurs chères à la religion catholique plutôt qu'aux fondamentaux bibliques. C’est donc un changement de cap par rapport au programme précédent de religion catholique en Flandre, qui datait de 1999 déjà.

"Une part importante de notre culture et de notre actualité sont imprégnés par la religion et notre philosophie de vie. Il est donc important de renforcer la connaissance et le vocabulaire de cette philosophie de vie, et en particulier celle de la tradition chrétienne dont notre culture est imprégnée", indique Jürgen Mettepenningen, au nom de tous les évêques flamands.

Les adolescents manquent-ils de connaissances dans ce domaine ? "Il ne s’agit pas tellement d’un manque de connaissances, mais du fait que les besoins ont augmenté. Si l’on regarde les sites d’informations à l’heure actuelle, et le dialogue avec les gens du monde entier, il faut constater qu’on ne peut mener un débat sans posséder ces connaissances de base sur la religion chrétienne", précise Mettepenningen.

Les élèves devront notamment être capables de citer les Dix Commandements en fin de cycle secondaire, parce qu’ils sont "une base importante pour réfléchir à l’échelle internationale aux comportements éthiques", estiment les évêques flamands. "Les Commandements sont importants du point de vue universel, pas seulement pour les catholiques, mais aussi pour les juifs", indique Mettepenningen.

Le nouveau programme pour les cours de religion entrera en vigueur au 1er septembre, avec la prochaine rentrée scolaire.  

"La religion est bien matière d’enseignement"

D’après Johan Bonny (photo), évêque d’Anvers, le programme d’étude de la religion catholique était bien fait, mais il avait besoin d’une remise à jour au bout de 20 ans d’existence. Et la connaissance de la tradition judéo-chrétienne et catholique fait partie de ce domaine d’études.

"Il y a une connaissance de base à acquérir, pour savoir de quoi on parle, pour pouvoir réfléchir et parler avec d’autres. Ce sont des concepts de base qui figurent sur le disque dur de notre civilisation. Si l’on parle de Moïse et de l’Exode, de l’exile, ce sont des archétypes. Il ne s’agit pas seulement de passages de la Bible, mais de morceaux-clef de la littérature du monde".

"Ou prenez l’exemple du Bon Samaritain. A quoi se rapporte la bonté ? Qui est mon prochain ? Ce n’est pas seulement une devinette. Ce sont des questions fondamentales sur l’existence humaine", précise l’évêque d’Anvers. "Nous estimons que la religion doit effectivement être enseignée et a sa place à l’école. Et en tant que telle, elle doit être étudiée".

Et en Belgique francophone ?

Une telle réflexion n'est pas menée du côté francophone de la Belgique, indique le Secrétariat général de l'enseignement catholique en communautés française et germanophone. "L'approche est loin d'être identique", souligne Conrad Vandewerve, porte-parole du Segec.

En 2013, un référentiel pour le cours de religion catholique a été élaboré par un groupe de travail, rassemblant "l'ensemble des chefs des religions reconnues et de la laïcité", explique-t-il. "Ce référentiel donne droit à des compétences transversales comme le questionnement philosophique, l'éducation à la citoyenneté ou encore le dialogue interconvictionnel", poursuit-il. "Elles sont intégrées au cours de religion sans s'y substituer."

Si le texte a subi quelques adaptations depuis 2013, il n'existe nullement l'intention de se focaliser sur l'apprentissage des fondamentaux bibliques, assure le porte-parole.