La société civile anversoise inquiète après l’annonce des projets de Bart De Wever

A présent que le bourgmestre d’Anvers Bart De Wever (N-VA) a annoncé qu’il était candidat au poste de ministre-président flamand, les organisations anversoises de la société civile expriment leur inquiétude. L’information est donnée par le quotidien De Standaard.

Les nouvelles ambitions du bourgmestre d’Anvers Bart De Wever sont-elles une bonne ou une mauvaise chose aux yeux de la société civile anversoise ? Que ce soit Unizo Antwerpen, l’union des entrepreneurs anversois indépendants, le mouvement citoyen stRaten-generaal ou la coupole des organisations qui luttent contre la pauvreté STA-AN, il n’y a pas de déclarations fracassantes mais l’inquiétude est le fil rouge.

Je crains qu'avec un bourgmestre en campagne électorale des tensions locales inutiles ne surgissent

C'est une étape logique, estime Manu Claeys de StRaten-General. "Le fait de vouloir obtenir la présidence de la Flandre pour votre homme fort, je le comprends. De plus, selon lui, cela ne devrait pas être une si mauvaise chose d'un point de vue politique, un ministre président anversois. "L'attention pour Anvers ne se relâchera pas, bien au contraire. Et, avec tout le respect que je lui dois, l'attention portée à Anvers sera quand même différente qu’avec un ouest-flamand (Geert Bourgeois ndlr.) à la tête du gouvernement flamand".

Et pourtant, il y a un peu d''anxiété chez Manu Claeys. "Nous allions de toute façon passer en campagne électorale ce printemps. Mais maintenant, je crains qu'avec un bourgmestre en campagne et avec l'Open VLD et le SP.A comme adversaires, des tensions locales inutiles ne surgissent.

Selon Manu Claeys, cela pourrait nuire aux promesses faites par cette coalition. "Dans la première année d'une équipe de gestion, ces promesses sont comptabilisées. Il est important que le conseil communal les concrétise. C'est déjà un équilibre délicat avec cette coalition. J'espère que Bart De Wever sera prudent".
 

J'espère que nous ne nous retrouverons pas en "affaires courantes"

C'est précisément la préoccupation de Wim Bollaert, coordinateur de STA-AN, l'organisation qui chapeaute 6 associations anversoises contre la pauvreté. "Quel sera, par exemple, l'avenir de la libéralisation du secteur des soins de santé à Anvers, un sujet sur lequel le bourgmestre lui-même a pesé de tout son poids ? Nous l'examinons avec suspicion, car l'accord administratif n'était pas très clair non plus. Et qu'en sera-t-il de la politique de lutte contre la pauvreté ? Parce que je n'ai pas beaucoup lu à ce sujet non plus dans cet accord".

Wim Bollaert craint que peu de choses n'aboutissent. "Cette communication avec la société civile doit être améliorée. Bien sûr, nous jugerons le conseil communal sur ce point. J'espère donc que nous ne nous retrouverons pas en "affaires courantes"".

Et si ce n'est plus lui, qui sera alors bourgmestre d'Anvers ? Nous avons le droit de savoir

"Affaires courantes" c’est aussi le terme utilisé par Sofi Van Ussel, directrice d'Unizo Antwerpen. "Les défis dans la métropole sont énormes. Nous n’avons vraiment pas besoin d’un conseil communal en affaires courantes. La ville a besoin au contraire d’un bourgmestre fort et engagé tout comme la Flandre a besoin d’un ministre président fort. Mais pour notre ville nous avons besoin de clarté. Ce qui signifie que nous voulons que les choses avancent".

Et donc si ce n’est plus Bart De Wever qui sera le nouveau bourgmestre d’Anvers ? Les membres de la société civile ont le droit de le savoir tout comme les partenaires de la coalition Open VLD et SP.A.

"Je ne pense pas que la question principale est de savoir s'il doit démissionner", ajoute Manu Claeys. "La question est : qui cela sera (bourgmestre ndlr.) ? Pour une bonne entente au sein de la coalition, il est important que De Wever joue maintenant carte sur table. Le SP.A et l’Open VLD ont le droit de le savoir déjà. Et les Anversois aussi".