Les avocats de Mehdi Nemmouche demandent l’acquittement de leur client

Les avocats de Mehdi Nemmouche ont exposé, mardi après-midi, dans l'exposé de leur acte de défense, cinq preuves qui, selon eux, innocentent leur client. Dans ce procès, Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer, deux Français de 33 et 30 ans, sont accusés devant la cour d'assises de Bruxelles d'être auteurs ou co-auteurs de l'attentat au Musée juif de Belgique à Bruxelles, commis le 24 mai 2014. L'attaque avait causé la mort de quatre personnes.

"La première preuve de l'innocence de Mehdi Nemmouche est que le tireur a manipulé par trois fois la porte d'entrée du musée, comme on le voit sur les images de vidéo-surveillance du musée. Or, l'ADN de Mehdi Nemmouche n'est pas sur cette porte. Par ailleurs, l'auteur ne portait pas de gants, même les accusateurs en conviennent dans leur acte d'accusation", a déclaré Me Henri Laquay.

"La seconde preuve est que l'ADN de Mehdi Nemmouche ne se trouve pas sur la détente du revolver. Or, on voit sur les images de vidéo-surveillance que le tireur presse à six reprises la détente de cette arme. Et si son ADN se trouve par contre sur la kalachnikov, c'est parce qu'il l'a sortie du sac dans laquelle elle se trouvait. Il a ensuite immédiatement compris qu'il avait commis une terrible imprudence en ouvrant ce sac, dont le véritable tueur, un professionnel sans nul doute, s'est débarassé. Et il est prouvé que ces armes n'ont pas été nettoyées", a exposé Me Henri Laquay.

La troisième preuve de l'innocence de Mehdi Nemmouche réside dans les circonstances de son arrestation, selon les avocats. "Il résulte que le revolver avec lequel l'auteur a tiré sur les époux Riva et Alexandre Strens a présenté ensuite de sévères défaillances. Ce pourquoi il a changé d'arme et a utilisé ensuite la kalachnikov, comme on le voit sur les images des caméras de vidéo-surveillance du musée. Or, Mehdi Nemmouche portait sur lui, lors de son arrestation à Marseille le 30 mai 2014, le revoler défecteux. S'il avait été le tireur du Musée juif, il ne se serait pas muni de cette arme pour se protéger, puisqu'il aurait su qu'elle était défecteuse", a expliqué Me Virginie Taelman.

La quatrième preuve énumérée par les conseils de l'accusé a trait à l'attitude de leur client lors de son arrestation. Pour Me Taelman, il est "grotesque et risible" de penser que Mehdi Nemmouche n'aurait pas utilisé la kalachnikov qui était en sa possession pour fuir les douaniers qui l'ont interpellé à Marseille, s'il avait effectivement été le "tueur professionnel" du Musée juif.

L'avocate a rappelé que son client s'était laissé se faire arrêter sans opposer de résistance, ce qui ne colle pas à l'image d'un terroriste et d'un tueur profesionnel qui a mené une opération commando minutée au Musée juif.

La cinquième preuve de l'innocence de Mehdi Nemmouche, selon ses conseils, est la photo du tueur qui a été présentée. "Sur les images de vidéo-surveillance, le tueur porte des lunettes qu'il n'enlève à aucun moment. Or, sur la photo divulguée ensuite dans les médias, le tueur ne porte pas de lunettes et un visage a été reconstitué", a déclaré Me Taelman. La défense déplore que l'inspecteur en charge de ce cliché, qui a reconnu avoir joué sur la luminosité du portrait, ne sera pas appelé à témoigner devant la cour.

Les avocats ont encore fait référence à la libération sous conditions de Nacer Bendrer. Selon eux, cette remise en liberté prouve que les enquêteurs n'ont jamais cru qu'il était réellement un danger et qu'il avait juste été "utilisé" pour faire des déclarations contre Mehdi Nemmouche.


Ils ont ajouté que, si Mehdi Nemmouche avait réellement voulu se procurer des armes, il n'aurait pas eu besoin d'aller jusqu'à Marseille. Il aurait pu en trouver facilement dans le quartier où il résidait à Molenbeek-Saint-Jean au printemps 2014.

Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer, deux Français âgés de 33 et 30 ans, sont accusés devant la cour d'assises de Bruxelles d'être auteurs ou co-auteurs de l'attaque terroriste commise le 24 mai 2014 au Musée juif de Belgique, situé rue des Minimes à Bruxelles.

L'attentat avait coûté la vie à quatre personnes: Emmanuel et Miriam Riva, un couple de touristes israéliens, Dominique Sabrier, une bénévole du musée, et Alexandre Strens, un employé du musée.