La presse flamande sur le Brexit : "La société britannique est profondément divisée"

A présent que l’accord sur le Brexit, négocié par la Première ministre britannique, est rejeté que va-t-il se passer au Royaume –Uni ? Personne ne le sait et les éditorialistes flamands ne le savent pas très bien non plus. Certains voient le salut dans de nouvelles élections, d'autres prédisent le chaos, quoi qu'il arrive. Mais ils constatent tous la même chose : les Britanniques sont désespérément divisés.

De Standaard : le chaos, rien que le chaos

Quoi qu'il arrive à présent, estime Bart Sturtewagen dans De Standaard, le résultat est presque certain : ce sera le chaos. La Première ministre pourrait soumettre un nouveau plan dans les trois jours. Le gouvernement pourrait tomber et de nouvelles élections pourraient avoir lieu. Mais aucun de ces scénarios n'indique une issue ordonnée. "Il est à craindre que les Britanniques doivent d'abord faire face aux conséquences concrètes de leur choix, avant de pouvoir les mettre en cause".

De Morgen : De nouvelles élections et un référendum

Maarten Rabay dans De Morgen ne voit qu’une seule solution : de nouvelles élections. Soit la Première ministre Theresa May garde la main, soit nous devons espérer que le vote de confiance du chef de l'opposition Jeremy Corbyn obtienne suffisamment de soutien, écrit-il. "Forcer des élections est maintenant la meilleure réponse à cette majorité divisée. Il ne serait pas mauvais que ces élections coïncident avec un referendum, pense-t-il, "consulter le peuple : êtes-vous pour ou contre le maintien du Brexit ? Il serait temps pour tout le monde, y compris pour Corbyn, d’afficher la couleur, écrit Maarten Rabaey.

De Tijd : L’Europe ferait bien de se préparer à un Brexit dur

Jean Vanempten du Tijd ne pense pas que Theresa May partira immédiatement. "Elle est susceptible de remporter le vote de confiance et une révolution de palais au sein de son propre parti conservateur semble peu probable. Que faire ensuite", se demande-t-il, parce que la classe politique britannique est désespérément divisée sur la façon de s'attaquer au Brexit. "Les politiciens britanniques devront se sortir de la crise. Ce ne sera pas facile. Il faudra beaucoup de créativité pour trouver une solution, ce qui n'a pas été le cas jusqu'à présent. La voie est ouverte pour un Brexit dur, sans accord. Il serait préférable que les décideurs politiques du reste de l'Europe s'y préparent.

Het Nieuwsblad : Vers un profond trou noir

Qu'y a-t-il de si dramatique dans le vote d'hier soir ? La division sans précédent au sein du camp du non, écrit Peter Mijlemans dans Het Nieuwsblad. Certains ont voté contre parce que les accords avec l'UE allaient trop loin, d'autres parce qu'ils n'allaient pas assez loin. Le risque de ne pas parvenir à un accord a donc considérablement augmenté. "Les Britanniques tomberaient alors dans un profond trou noir. Au risque d’emporter l'Europe avec eux. La nostalgie des Britanniques pour de leur identité d’ex- puissance mondiale - Britannia rules the waves – a été leur perte, conclut Mijlemans. Le citoyen britannique paiera la facture.