Kucam placé sous mandat d'arrêt pour fraude de visas humanitaires

Le conseiller communal malinois Melikan Kucam (photo), élu de la N-VA, a été placé sous mandat d'arrêt pour trafic d'êtres humains, organisation criminelle, corruption passive et extorsion. C’est ce qu’a indiqué le parquet anversois ce jeudi en milieu de journée. Il nie cependant avec force avoir reçu de l’argent pour placer des gens sur des listes. Entretemps, la ministre flamande du Logement a ouvert une enquête sur la société malinoise de logement social qui a été présidée par Kucam.

L'homme avait été interpellé mardi après-midi, soupçonné dans un vaste dossier de trafic de visas humanitaires. Via des intermédiaires, le conseiller communal malinois aurait perçu de grosses sommes d'argent (jusqu’à 20.000 euros) en échange de l'obtention de visas humanitaires pour des personnes souhaitant rejoindre la Belgique. Normalement, quelques centaines d’euros doivent être versées pour couvrir les coûts administratifs.

Mais Melikan Kucam plaide non-coupable. "Mon client est très affecté, parce qu’il n’a jamais demandé de l’argent pour les services qu’il a prestés, et il n’a jamais reçu d’argent", indique son avocat Frank Coel. "Il dément avec force avoir demandé une quelconque somme d’argent ou l’avoir acceptée pour placer des gens sur des listes qui leur permettaient d’obtenir un visa humanitaire pour venir en Belgique".

D’après l’avocat, il semblerait par contre que d’importantes sommes d’argent aient été versées à des passeurs ou des agences de voyage qui devaient rapatrier des gens de la Syrie vers le Liban. "Cet argent n’est pas arrivé dans les mains de Melikan Kucam", conclut l’avocat.

Enquête sur la société de logement social malinoise

Entretemps, la ministre flamande du Logement, Liesbeth Homans (N-VA), a ouvert une enquête sur la société malinoise de logement social pour déterminer si son ancien président Melikan Kucam a abusé de sa fonction pour octroyer injustement des logements.

Kucam est privé de liberté et a été placé sous mandat d’arrêt pour trafic d'êtres humains. "Avec ce que nous savons, je vais enquêter pour déterminer s'il y a eu des irrégularités au sein de la société de logement", déclare Homans. "Nous souhaitons contrôler qu'il n'y a pas eu d'attributions suspectes, d'écarts à la liste d'attente ou si certaines nationalités n'ont pas été privilégiées"

Dans l'affaire des visas humanitaires, il ressort des chiffres de l'ancien Secrétaire d'Etat à l'Asile, Theo Francken, que 207 personnes figuraient sur les listes présentées par Kucam sollicitant des visas humanitaires. Francken justifie cette situation par les liens d'amitié entre Kucam et un membre de son cabinet originaire de Malines parlant assyrien.

Selon le quotidien De Morgen, d'autres intermédiaires étaient actifs de la sorte dans le cabinet de Theo Francken: sept au total, issus de diverses communautés. Ils ont tous présenté des noms de personnes prétendant à un visa humanitaire. L'Office des étrangers a reçu les listes de noms des membres du cabinet, mais n'a procédé à aucun filtrage. Selon le quotidien flamand, il n'y a eu qu'un filtrage de sécurité effectué par la sûreté de l'État et l'OCAM.

Liesbeth Homans (N-VA)