Jan Jambon : "Si l’impossibilité de gouverner mène au confédéralisme, c’est une bonne chose"

"Mon but politique, c'est d'atteindre le confédéralisme", a affirmé l'ex-ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA) dans plusieurs médias samedi. "Si nous atteignons les 30%, nous serons incontournables en Flandre, et il sera également difficile de gouverner sans nous au fédéral", a-t-il déclaré dans le quotidien De Tijd. "Si cela mène à l’ingouvernabilité, c’est comme ça. Et si ça enclenche le confédéralisme, c’est une bonne affaire".

Dans différents médias francophones, Jan Jambon a indiqué qu’il "se verrait bien Premier ministre d'une coalition qui pousse au confédéralisme". "C'est la logique même que je sois candidat Premier ministre. La N-VA veut encore exercer des responsabilités à ce niveau de pouvoir. On veut négocier un bon accord pour le futur gouvernement et donc il est logique que le chef du groupe au Fédéral soit celui qui poursuive comme candidat Premier ministre", affirme Jan Jambon dans L'Echo, revenant sur son annonce en début de semaine.

La coalition qu'il envisage est celle "qui nous fera atteindre le confédéralisme", assure-t-il. "C'est notre programme. Et j'ai la conviction qu'on doit quand même adapter les structures de cet État pour qu'on puisse encore gérer les choses de manière acceptable. Vous savez, la N-VA a déjà gelé pendant cinq ans ses revendications communautaires...", rappelle-t-il.

"L’ingouvernabilité peut mener à des solutions osées"

Rien ne semble freiner l’ancien ministre de l’Intérieur et son parti à diriger le pays vers le confédéralisme, pas même la constitution : "même sans déclaration de révision, je n’exclus pas le confédéralisme. N’oubliez pas que par le passé, de grandes réformes ont été menées pour lesquelles un feu vers constitutionnelle n’a été donné que plus tard", indique-t-il dans De Tijd.

"Agir en dehors de la constitution n’est pas le scénario que nous souhaitons. Mais si les francophones continuent de glisser vers l’extrême gauche, comment pourrions-nous encore former un gouvernement ?", s’interroge Jan Jambon. Et d’ajouter que le président du Parti socialiste "Di Rupo fait notre propre campagne électorale. Merci Elio".

"L’impossibilité de gouverner n’est pas un objectif que nous visons. Mais si cela enclenche le confédéralisme, je trouverais alors que c’est une bonne chose". "L’ingouvernabilité peut mener à des solutions créatives et osées. Et nous n’en sommes pas loin", conclut-il.  

A Bruxelles mais pas en Wallonie

Dans La Libre Belgique et La Dernière Heure, Jan Jambon affirme encore que "la dimension nationaliste est essentielle" pour son parti. "On veut convaincre les électeurs francophones à Bruxelles grâce à notre discours rationnel. Mais, par contre, on ne présentera jamais de listes en Wallonie car la N-­VA est en faveur de son autonomie comme de celle de la Flandre", observe-t-il.