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"Le secteur pharmaceutique a vendu d’anciens médicaments sous un nouveau nom à un prix beaucoup plus élevé"

Sept médicaments ont coûté 120 millions d’euros à la sécurité sociale belge au cours des dernières années, alors qu'ils auraient pu ne coûter que 10 millions d'euros s’ils avaient été fabriqués par les pharmaciens. C’est ce qui ressort d’une étude publiée ce lundi par le quotidien Het Laatste Nieuws, L'association pharmaceutique belge (APB) et la mutualité chrétienne demandent un soutien du gouvernement pour les fabrications artisanales.

D’après le journal, c’est une pratique connue dans le monde médical : d'anciens médicaments sont vendus comme des neufs, à un prix près de dix fois plus élevés que le strict nécessaire. Il s'agit souvent de médicaments existants pour lesquels on découvre leur efficacité pour d'autres pathologies, parfois rares. Les entreprises pharmaceutiques enregistrent alors ce "nouveau" produit sous un autre nom et soumettent une demande de remboursement.

D'après le pharmacien Marc Dooms (KULeuven), qui fait partie de ceux qui ont mené l’enquête pour Het Laatste Nieuws, c'est un moyen facile de faire des profits. "Ces entreprises ne mènent presque jamais d'études supplémentaires coûteuses, car nous savons depuis longtemps comment les patients réagissent à ces médicaments ", explique Marc Dooms dans le journal. "Ces enquêtes ont été menées il y a des années, souvent avec des fonds publics.

L'association pharmaceutique belge (APB) et la mutualité chrétienne plaident pour un appui gouvernemental pour les préparations artisanales. "Nous avons déjà trouvé une solution pour un certain nombre de médicaments ", déclare Lieven Zwaenepoel de l'Association pharmaceutique belge. "Bien sûr, ce n'est pas possible pour toutes les maladies rares, mais il y en a beaucoup où c'est possible et où il faut un temps étonnamment long avant que des progrès soient réalisés".

Pfizer, une des sociétés pharmaceutiques concernées, rétorque que les médicaments ne peuvent être comparés d'un point de vue qualitatif à ceux des pharmaciens. "Foutaise", répond Lieven Zwaenepoel : "S’il y a bien sûr une différence de qualité, par rapport aux besoins des patients et au coût que cela représente, cette différence est négligeable. C’est un faux argument".