Les bourgmestres demandent plus de respect sur les réseaux sociaux

Près de la moitié des bourgmestres et présidents de CPAS ont déjà été confrontés à des agressions, notamment verbales et sur les réseaux sociaux, selon une enquête de l'Association des villes et communes flamandes (VVSG). "Autrefois, les gens venaient à la maison communale s'ils avaient quelque chose à me dire. Maintenant, ils balancent tout sur Facebook".

Les bourgmestres et les échevins peuvent être contactés 24h sur 24 et 7j sur 7 au sujet de leur politique locale, mais demandent à être traités avec respect et courtoisie. Tel était le message de l'Association flamande des villes et communes (VVSG) à l'occasion de sa fête de lancement dans la salle Reine Elisabeth d’Anvers.

"Un homme ou une femme politique sait qu'il ou elle sera critiqué(e)", a déclaré Wim Dries, président du VVSG et bourgmestre de Genk (Limbourg). "C'est permis, mais dans les limites de la décence".

A présent que presque partout les nouveaux conseils communaux ont prêté serment, 300 bourgmestres, 1 300 échevins et 7 398 conseillers communaux sont " prêts pour le grand saut", déclare la VVSG.

Agressions verbales

Au cours de la législature précédente, un conseiller communal flamand sur huit a toutefois prématurément mis fin à son mandat.

"Le fait de recevoir trop peu d'appréciation peut jouer un rôle", estime la VVSG. "Près de la moitié des bourgmestres et des présidents de CPAS ont déjà été confrontés à des agressions, notamment verbales et sur les réseaux sociaux", selon l'enquête de la VVSG.

Attaques personnelles

La VVSG appelle donc à une approche plus respectueuse envers les élus locaux. Dans l'émission "De wereld vandaag" (VRT), deux bourgmestres ont témoigné de l'agression qu'elles ont subie.

Katja Gabriëls, bourgmestre de Berlare (Open VLD), a été élue il y a douze ans et a remarqué ces dernières années qu'on se moquait d’elle de plus en plus souvent sur les médias sociaux. "Sur Facebook, vous voyez maintenant une sorte d'agression qui n'existait pas auparavant".

Surtout à la veille des dernières élections communales, Katja Gabriëls a vu la violence verbale augmenter via des groupes de citoyens sur Facebook.

"Parfois, il s'agit d'attaques personnelles", ajoute Katja Gabriëls. "De nos jours, tout le monde a une opinion sur tout, et c'est une bonne chose. Mais il doit aussi y avoir des questions sur lesquelles les opinions ne doivent pas être exprimées. Il y a des centaines de réactions mesquines. Ce n'est pas toujours nécessaire".

Lies Laridon, bourgmestre de Diksmuide (CD&V), a également vécu un changement de mentalité ces dernières années. "Autrefois, les gens venaient à la maison communale s'ils avaient quelque chose à me dire. Ils venaient me le dire directement ou m’envoyait un mail. Maintenant, ils balancent tout sur Facebook". Lies Laridon est ouverte à cela, mais pense que beaucoup de choses sont plus complexes que ce qui est décrit avec quelques slogans sur Facebook.

Comme Katja Gabriëls, Lies Laridon ignore les attaques trop personnelles

"Si on te traite parfois d’idiote ou d’imbécile, il vaut mieux ne pas le lire. J'ai laissé passer ça (...) Il faut juste communiquer de façon civilisée". Quand il s'agit de sa politique, la bourgmestre répond de temps en temps. Parfois, elle laisse aussi passer un peu de temps car elle ne veut pas réagir de façon trop impulsive.

Les deux bourgmestres ont également remis en perspective les querelles en ligne. "Ce sont toujours les mêmes 20 personnes qui dominent le débat, alors que la grande majorité de la population ne pense pas ce qui est écrit", observe Katja Gabriëls. Toutes deux constatent qu'il existe aussi souvent une forme d'autorégulation, dans laquelle les personnes trop agressives sont mal accueillies pour leurs réactions grossières. "Peut-être sommes-nous arrivés à un tournant où le pire est passé ", conclut Katja Gabriëls avec espoir.