Charles Michel : "Opter pour le PS et la N-VA c’est opter pour le chaos"

Depuis le Forum mondial économique de Davos, où il se trouvait pour la quatrième fois en tant que Premier ministre belge, Charles Michel s’est exprimé sur les projets électoraux de la N-VA, et sur les déclarations de son ancien ministre de l’Intérieur, Jan Jambon, selon qui une impossibilité de gouverner après les élections serait une bonne chose, puisque la situation mènerait au confédéralisme voulu par les nationalistes flamands.  

"Ce qui compte pour moi est l’avenir de notre pays. Il y aura deux possibilités en mai 2019 : soit à nouveau l’axe du shutdown, l’axe de la commedia dell’arte entre la N-VA et le PS, qui a mené à un blocage de 540 jours de notre pays, soit l’axe de ceux qui veulent prendre des décisions pour une réforme structurelle", a-t-il commenté au micro de l’émission matinale de la VRT, De Ochtend.

"Nous avons prouvé que le MR est un parti qui a été capable de bloquer totalement le séparatisme de la N-VA. Avec le PS, ce serait une voix pour le séparatisme, et les deux partis ensemble, ce serait l’axe du blocage, tout le monde le sait. Une telle situation mènerait à un appauvrissement des entreprises et des citoyens", a-t-il encore souligné depuis sa chambre d’hôtel à Davos. "Le PS est le meilleur agent électorale de la N-VA, et la N-VA le meilleur agent électoral du PS, ce que je déplore".

"Un message irresponsable"

A la question de savoir si le MR accepterait de former à nouveau une majorité avec les nationalistes flamands, Charles Michel a répondu qu’il fallait d’abord voir quel serait le signal électoral après le scrutin, et quel programme il serait possible de mettre en place.

Je suis particulièrement choqué par le fait que certains ont plaidé ces derniers jours pour une forme d’ingouvernabilité

Charles Michel, Premier ministre

"Que les choses soient toutefois claires : le confédéralisme et le séparatisme ne sont pas mes choix. L’ingouvernabilité est un message irresponsable", a-t-il encore lancé en référence au propos de Jan Jambon.

"Je suis particulièrement choqué par le fait que certains ont plaidé ces derniers jours pour une forme d’impossibilité de gouverner. Je trouve ça bizarre, étrange et incroyable. Jan Jambon a prouvé avec nous ces quatre dernières années que notre pays peut être gouverné dans l’intérêt des citoyens, que ce soit au niveau de la sécurité, du développement économique et des investissements. Le choix de l’ingouvernabilité est celui du chaos. En 2019, le citoyen devra choisir. Opter pour le PS et la N-VA c’est opter pour le chaos.

Brosser pour le climat

Lors de l’interview, Charles Michel a également été invité à s’exprimer sur l’action menée par des milliers d’élèves, qui sèchent les cours tous les jeudis pour demander plus d’action politique pour la protection de l’environnement.

"Je préfère que les écoliers manifestent pour le climat que contre le Pacte des migrations. Cette situation démontre les valeurs fondamentales de notre pays. L’environnement est un défi, mais c’est aussi une opportunité, pour la rénovation, pour le développement économique. Je ne soutiens pas une politique répressive pour le climat, mais bien une stratégie d’encouragement. Tout le monde doit être responsable, les dirigeants politiques, mais aussi les entreprises et les citoyens. Il est donc primordial d’offrir une réponse aux gens qui éprouvent des difficultés à payer leurs factures tous les mois, tout en assurant un développement durable."

Quant à savoir si Charles Michel est candidat à sa propre succession, le Premier ministre a indiqué que la question était sans doute logique, mais toutefois prématurée. "Je m’exprimerai plus tard à ce sujet", a-t-il fait savoir.