Pour De Wever, "le MR devra choisir: soutenir les réformes de la N-VA, ou gouverner avec le PS"

Dans une interview accordée ce mercredi matin à Radio 1 (VRT), Charles Michel a mis en garde contre "l’axe PS-N-VA", qui serait synonyme, selon lui, de "blocage" du pays, et de chaos. Aux yeux de Bart De Wever, les déclarations du Premier ministre ne servent qu’à effrayer les électeurs flamands. Pour le leader de la N-VA, les libéraux n’ont que deux possibilités : poursuivre les réformes avec la N-VA, ou former un gouvernement avec les socialistes francophones.

"Les libéraux, aussi bien le MR que le VLD, ont gouverné pendant 15 ans avec le PS avant le dernier gouvernement. Les réformes nécessaires n’avaient alors pas été réalisées. Ce n’est que lorsque la N-VA est arrivée au pouvoir avec les libéraux que des réformes ont eu lieu", a commenté Bart De Wever au micro de la VRT. "Je ne comprends donc pas que Charles Michel se retourne maintenant contre nous. Le MR n’a que deux possibilités : se rediriger à nouveau vers la N-VA et poursuivre ces réformes, ou former un gouvernement avec le PS".

"Rien à voir avec le chaos"

Bart De Wever ne comprend pas non plus les reproches de Charles Michel envers le "message irresponsable" lancé il y a quelques jours par l’ancien ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA), sur les perspectives d’un système confédéral. "D’après l’analyse de la N-VA, gouverner au niveau fédéral est devenu quasi impossible", a commenté le président des nationalistes flamands. "La solution à ce problème est évidemment le confédéralisme. Et s’il y a un choc des idées, et qu’une lumière en ressort comme quoi une réforme confédérale serait bénéfique pour la Wallonie et la Flandre, on accueillera volontiers cette situation. Mais ça n’a rien à voir avec le chaos et le blocage (évoqués par Charles Michel, Ndlr)".

Notre offre est très clair. Tant que nous pouvons diriger, conformément aux souhaits de notre démocratie, nous sommes ouverts à le faire. Mais le livret de commandes sera très chargé.

Bart De Wever, président de la N-VA

"Notre offre est très clair", a poursuivi le leader des nationalistes flamands. "Tant que nous pouvons diriger, conformément aux souhaits de notre démocratie, nous sommes ouverts à le faire. Mais le livret de commandes sera très chargé par les dossiers liés à la sécurité, la migration, et la réforme socio-économique. Il faut en prendre conscience. Les libéraux doivent simplement choisir : soutenir cela, ou coaliser avec le PS. Je ne vois pas d’autres possibilités".

"Le confédéralisme pas synonyme de séparatisme"

Lors de son interview, Charles Michel a par ailleurs déclaré que le confédéralisme était synonyme de séparatisme. Des propos que le leader de la N-VA tient à nuancer : "Le confédéralisme est un principe selon lequel chacun mène sa propre politique, dans un même pays, avec des mécanismes de solidarité", a-t-il rétorqué.

"Charles Michel essaie de faire peur aux gens. A mes yeux, ses mises en garde sur le chaos, le blocage et le séparatisme servent à effrayer les électeurs flamands, alors que ce n’est pas ce dont nous parlons. Nous avons d’ailleurs prouvé ces dernières années que nous sommes un parti de gouvernement très responsable", a conclu Bart De Wever.