Restaurée, "Margot la Folle" est de retour à Anvers

"Dulle Griet" ou "Margot la Folle", le chef d'œuvre de Pierre Breughel l'Ancien (1525-1569), a regagné le musée Mayer van den Bergh à Anvers où elle fait partie des collections. La toile avait quitté le musée pendant deux ans pour être restaurée, puis exposée à Vienne dans le cadre de la grande rétrospective qui y est consacrée au peintre flamand.

Après Rubens et le baroque en 2018, Anvers s'apprête à célébrer le 450e anniversaire de la mort de Pierre Breughel qui sera à nouveau sous les feux des projecteurs, tant en Flandre qu'à Bruxelles.

"Margot la Folle" sera ainsi dès le 5 octobre prochain au centre d'une exposition consacrée par le musée anversois Mayer van den Bergh à la "folie collectionneuse" de Fritz Mayer van den Bergh (1858-1901) et de son illustre prédécesseur Florent Van Ertborn (1784-1840), lequel a acquis une centaine de toiles qui font aujourd'hui la richesse du musée des Beaux-Arts d'Anvers. Le musée Mayer van den Bergh possède un des rares tableaux du maître flamand conservé en Belgique.

Le chef d'œuvre de Breughel a bénéficié d'une restauration en profondeur au sein de l'Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA), avant son déplacement dans la capitale autrichienne Vienne, qui abrite la plupart des peintures du maître flamand.

La restauration a permis de retrouver non seulement les couleurs originales du tableau (un ciel bleu et vert notamment), dissimulées sous les couches de vernis jaunis, et les surpeints mais aussi une série de détails qui avaient disparus depuis bien longtemps. Elle a aussi permis de constater que Pierre Breughel avait peint cette toile non pas en 1561, mais deux ans plus tard.

Le retour de "Margot la Folle" sera dignement fêté le 1er mars en compagnie de l'écrivain Jeroen Olyslaegers sous la forme de divers débats.

Qui est Margot la Folle ?

Le tableau doit son nom à la femme en cuirasse (photo) qui passe en direction de la gauche. Elle paraît géante à côté des autres personnages. Margot la Folle passe en courant devant la bouche ouverte de l’Enfer. Huit femmes à l’arrière-plan à droite se livrent manifestement à des pillages.

A droite sur le tableau, des soldats entrent dans la toile peuplée de créatures étranges ou monstrueuses et de constructions bizarres. L’horizon semble en feu.

Cette œuvre est généralement interprétée comme une représentation de la bataille des sexes. Le rapport entre hommes et femmes fait depuis l’Antiquité l’objet de comédies et autres créations artistiques. Breughel a laissé libre cours à son imagination et s’est inspiré pour cette œuvre de son prédécesseur Jérôme Bosch.